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Des parents veulent sauver un projet musical à l’école

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Des parents du quartier Rosemont à Montréal s’indignent que le manque d’espace dans leur école et le trop grand nombre d’élèves force la disparition de la classe de musique.

La fille de 9 ans de Marie-Hélène Boisvert a de la difficulté à se concentrer. Mais grâce au projet musical de l’école Madeleine-de-Verchères, elle peut passer une heure et demie sur le piano.

« Le projet musical est essentiel à la vie de notre école [...] Les enfants tripent vraiment », abonde Marie-Andrée L’Espérance, mère de deux enfants de 5 et 8 ans.

Plusieurs parents se sont réunis mardi pour se mobiliser afin de sauver le local de musique de cette école, qui contient une centaine d’instruments même si l’établissement n’a pas de vocation musicale.

« Batteries, guitares, gong chinois. On est loin [de se contenter] du xylophone et de la flûte à bec », illustre-t-elle.

Prof dévoué

Les cours de musique sont donnés par le musicien Pierre Hurtubise, qui est si dévoué que des élèves pratiquent sur l’heure du dîner.

« Il s’arrange vraiment pour que chaque élève puisse être mis sous les projecteurs », raconte Mme Boisvert.

Chaque année, un spectacle de fin d’année de grande qualité est monté, incluant des orchestrations.

« Tu ne peux pas croire que c’est une école primaire qui joue devant toi », dit Mme Boisvert.

Or, le local qui permet de rendre ce projet vivant risque d’être transformé en classe, l’école étant à 112 % de capacité, explique Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

« On se tire dans le pied »

<b>Catherine Harel Bourdon</b><br />
Présidente de la CSDM
Photo d'archives
Catherine Harel Bourdon
Présidente de la CSDM

Pour l’instant, la solution envisagée est d’installer des unités préfabriquées sur le terrain de l’école pour ajouter des classes, indique la présidente. Le Journal révélait justement vendredi que la CSDM avait lancé un appel d’offres pour une centaine de ces unités.

Mais plusieurs facteurs sont incertains. Le financement du gouvernement sera-t-il suffisant pour obtenir toutes les unités voulues ? La Ville accordera-t-elle le permis nécessaire ? Quel sera le nombre exact d’élèves accueillis dans le quartier l’an prochain ? Voilà des questions que se pose Mme Bourdon.

« On se tire dans le pied [en éliminant] ce projet. Ça ajoute à la couleur de l’école, ça stimule les jeunes », dit Jean-François Gosselin, commissaire indépendant, qui voit celui-ci comme un facteur de persévérance scolaire.