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Une grève de la faim pour recevoir l'argent promis

Un sinistré du printemps dernier veut que Québec verse l’argent promis

Anne-Marie Forget et son gendre Alexandre Casavant sont assis sur le lit de camp où il dort depuis quatre nuits.
Dave Parent Anne-Marie Forget et son gendre Alexandre Casavant sont assis sur le lit de camp où il dort depuis quatre nuits.

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SAINT-ANDRÉ-D’ARGENTEUIL | Un homme des Laurentides fait la grève de la faim à l’intérieur de la maison sinistrée et insalubre de ses beaux-parents afin que Québec débourse les sommes promises le printemps dernier avant la fin des travaux.

Depuis le 26 janvier, Alexandre Casavant est installé sur un lit de camp dans la maison de ses beaux-parents complètement dépouillée de ses murs, de ses planchers et de son isolation. Il alerte l’opinion publique à l’aide de vidéos publiées sur les réseaux sociaux et fait la grève de la faim.

« Je bois de l’eau, c’est sûr, je ne suis pas sans-dessein. Mais oui, j’ai faim et j’ai hâte que ça se règle », dit-il.

Le problème est que ses beaux-parents n’ont pas l’argent pour terminer les travaux dans leur résidence.

Québec verse l’argent aux sinistrés uniquement lorsque les travaux sont finis. Aucune banque n’accepte de les aider puisque leur résidence n’a plus de valeur.

« Je ne suis pas fortunée. Mon mari et moi vivons modestement, on a des jobs ordinaires, alors on n’a pas les moyens d’avancer l’argent », dit Anne-Marie Forget, copropriétaire de la résidence de la terrasse Robitaille à Saint-André-d’Argenteuil.

La maison a été relevée de trois pieds pour les inondations futures.
Photo Dave Parent
La maison a été relevée de trois pieds pour les inondations futures.

Pour que ça avance

« Je fais ça pour mes beaux-parents, pour que ça avance et je ne bougerai pas d’ici tant qu’on n’aura pas une réponse. En attendant, je fais des travaux dans la maison », ajoute l’homme de 36 ans, qui travaille dans le milieu de la construction.

Les problèmes des beaux-parents ont débuté lors des inondations d’avril et mai 2017. L’eau a envahi la maison. Quand la situation s’est résorbée, la moisissure et les champignons avaient attaqué l’ensemble de la demeure.

« Depuis le 21 avril, j’ai quitté ma maison alors qu’il y avait 46 pouces d’eau dans ma cour. J’ai vécu dans ma roulotte jusqu’au 18 novembre. Là, je loue une maison en plus de payer mon hypothèque », explique Anne-Marie Forget, copropriétaire de la résidence et belle-mère d’Alexandre Casavant.

Travaux d’urgence

Les propriétaires ont d’abord reçu un montant pour des travaux d’urgence, qui consistent à soulever la maison de trois pieds afin d’éviter qu’elle soit inondée à nouveau.

Les entrepreneurs ne se bousculent pas aux portes pour obtenir les contrats. Eux non plus ne veulent pas avancer l’argent des travaux sans savoir quand ils seront payés.

Le ministère de la Sécurité publique n’a pas rendu nos appels, mais le député libéral d’Argenteuil, Yves St-Denis, affirme qu’il suit tous les dossiers de sa circonscription de près.

« Ça ne va pas assez vite à mon goût. Il y a beaucoup de sinistrés, ça prend du temps, mais je travaille fort pour faire avancer les choses, n’oublions pas que ces inondations, c’est du jamais-vu au Québec », conclut M. St-Denis.

Ils ont le soutien des élus ainsi que des voisins

Depuis la publication de leur histoire sur les réseaux sociaux, les propriétaires de la résidence sinistrée ont eu du soutien de la communauté.

Des élus et des voisins ont offert leur appui pour les aider à traverser cette épreuve.

Le député libéral d’Argenteuil, Yves St-Denis, a été présent au fil du processus pour obtenir l’argent promis aux sinistrés, pour le dossier de Mme Forget, mais aussi pour les autres sinistrés de l’endroit.

Le maire de Saint-André-d’Argenteuil élu en novembre dernier, Marc-Olivier Labelle, a aussi été très actif dans le dossier des sinistrés depuis son élection.

Un voisin d’Anne-Marie Forget a aussi proposé de l’héberger.

« Mes voisins ont un chalet tout près qu’ils louent l’hiver, ils m’ont proposé de le louer le temps que le dossier se règle », souligne la dame, qui est ravie de voir la solidarité s’installer dans la communauté.

Les réseaux sociaux en appui

Alexandre Casavant, qui fait une grève de la faim dans la résidence sinistrée de ses beaux-parents, tente de son côté d’alerter l’opinion publique à l’aide de vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Jusqu’à présent, 110 000 personnes ont vu l’une ou l’autre de ses vidéos de dénonciation.

« Quand il y a des sinistrés dans d’autres pays, on envoie de l’argent, mais nous autres, les payeurs de taxes, on leur en envoie de l’argent [au gouvernement] [...] Ben là, on a besoin d’aide », lance-t-il avec hargne dans sa première vidéo vue par 104 000 internautes et relayée plus de 4000 fois.

Pour ses enfants

Temporairement prestataire de la sécurité du revenu, M. Casavant mène cette croisade depuis le 26 janvier.

« J’ai quatre enfants, alors je fais ça pour eux autres aussi et pour tous les autres sinistrés qui attendent l’aide du gouvernement », explique-t-il.

Le gouvernement a déjà déboursé des sommes importantes pour soulever la résidence afin d’éviter d’autres dégâts en cas d’inondation et pour absorber les coûts d’hébergement des propriétaires.

– En collaboration avec monjournal.ca