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Le blues libéral

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Alors, quel chef de parti devrait être le plus sonné par le sondage Léger/Le Devoir publié samedi dernier ?

Jean-François Lisée, qui voit son parti solidifier de plus en plus son statut de bon troisième ? Non.

François Legault, qui doit se sentir comme un acrophobe juché au sommet du Burj Khalifa à Dubaï ? Non.

C’est plutôt le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Pour lui, le dernier coup de sonde doit avoir l’effet d’une véritable gifle. Pendant que les péquistes occupent un espace disproportionné dans l’environnement médiatique malgré le peu d’intérêt qu’ils suscitent dans l’électorat, on escamote le fait que les libéraux sont en fort mauvaise posture.

Lassitude

Il faut le faire quand même. D’ordinaire, la période estivale et celle des Fêtes sont les périodes où un gouvernement, peu importe lequel, a tendance à mieux performer dans les sondages, fort d’une indifférence collective.

Or, il en est tout autre pour le PLQ. Ils ont plutôt amorcé une inquiétante dégringolade. Et ce, en dépit du fait qu’ils ont littéralement mitraillé les Québécois de bonnes nouvelles au cours des dernières semaines. Réinvestissements massifs en éducation, des millions pour les CHSLD, des baisses d’impôts et de taxes scolaires, sans oublier la bonne performance de l’économie.

Malgré cela, l’électorat manifeste sans détour sa lassitude envers le pouvoir libéral. Le goût du changement est intensément palpable. Le chef Couillard et ses ouailles ne réussissent pas à outrepasser ce désir de voir des forces fraîches investir les officines gouvernementales.

Sombre pronostic

Imaginez. Quand vous vous accrochez au seul espoir que votre adversaire ait gravi trop rapidement les échelons de l’opinion publique, c’est que vous êtes mal foutus. Alors que la bataille électorale ne fait que commencer, il n’est pas exagéré de croire que les troupes libérales sont affligées d’un profond blues. Une pénible complainte qui n’augure rien de bon pour la suite des choses.