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Le registre éprouve déjà des difficultés techniques

Disponible depuis lundi, l’immatriculation en ligne ne fonctionnait pas mardi

Le registre éprouve déjà des difficultés techniques
Photo courtoisie

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En ligne depuis à peine deux jours, le nouveau Service d’immatriculation des armes à feu éprouve déjà d’importantes difficultés techniques.

Il était impossible mardi de s’identifier pour enregistrer sur internet une arme à feu en entrant son numéro de permis de possession d’armes (PPA). Lorsque l’on tentait de le faire, un message d’erreur apparaissait à l’écran, indiquant que « l’identification par le PPA est bloquée pour 24 heures ».

« Le problème est le même depuis hier [lundi]. Il y a trop de demandes, le système nous a lâchés », a mentionné au Journal une agente du centre d’appels dédié au nouveau registre.

Un message d’erreur apparaissait mardi sur le site du Service d’immatriculation des armes à feu lorsque l’on tentait d’y entrer son numéro de permis de possession d’armes (PPA). « L’identification par le PPA est bloquée pour 24 heures », pouvait-on lire.
Capture d'écran
Un message d’erreur apparaissait mardi sur le site du Service d’immatriculation des armes à feu lorsque l’on tentait d’y entrer son numéro de permis de possession d’armes (PPA). « L’identification par le PPA est bloquée pour 24 heures », pouvait-on lire.

Depuis lundi, les propriétaires d’armes à feu québécois ont un an pour enregistrer leurs armes d’épaule gratuitement sur le site internet du Service d’immatriculation des armes à feu (SIAF).

Pour ce faire, ils doivent d’abord valider leur identité en fournissant leur PPA, le numéro inscrit sur leur certificat de naissance ou une copie numérisée d’un document d’identité valide.

Ces deux dernières options semblaient fonctionner seulement dans certains cas mardi. « Vous pouvez l’essayer, mais ça se peut que ça ne fonctionne pas non plus, a indiqué la téléphoniste. Nos techniciens travaillent là-dessus. »

La seule option restante était d’imprimer le formulaire papier disponible en ligne et de l’envoyer par la poste. Le ministère de la Sécurité publique n’a pas donné suite aux multiples appels et courriels du Journal mardi.

« Pas prêt »

<b>Guy Morin </b><br />
Contre le registre des armes à feu
Photo d'archives
Guy Morin 
Contre le registre des armes à feu

Pour Guy Morin, président du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu, ces problèmes démontrent que le système n’était pas aussi bien préparé que le prétendait le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

« Je trouve ça très drôle, lance-t-il. Ça prouve que le registre n’était pas prêt et que le gouvernement l’a mis en fonction le jour de l’anniversaire de l’attentat à la mosquée de Québec juste pour que ça passe inaperçu, juste pour que le ministre et sa gang ne soient pas disponibles pour répondre aux questions. »

Surprenant

M. Morin incite par ailleurs les propriétaires d’armes à feu à ne pas enregistrer celles-ci.

« Plus il va avoir de [gens] qui vont enregistrer leurs armes, plus ça va donner de la force à la loi », estime-t-il.

La militante pour le contrôle des armes à feu Manon Monastesse considère pour sa part qu’il est normal que certains bogues puissent se présenter lorsqu’un système informatique est lancé.

« Mais ça me surprend beaucoup, parce que les gens du ministère nous avaient bien dit qu’ils avaient testé le système à plusieurs reprises », souligne la DG de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.


♦ L’élaboration du SIAF et la prise d’inventaire des armes au cours de la prochaine année devraient coûter environ 20 millions $, a indiqué M. Coiteux dimanche.