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Des médailles... au trésor

Caroline Ouellette, 4 fois championne olympique, adore son rôle de mère, elle qui joue encore au hockey à 38 ans

Caroline Ouellette ne sera pas nostalgique en regardant le tournoi olympique de hockey féminin à la télévision puisqu’elle aura le bonheur de tenir dans ses bras sa fille Liv, âgée de trois mois.
Photo courtoisie, Céline Gélinas / LCHF Caroline Ouellette ne sera pas nostalgique en regardant le tournoi olympique de hockey féminin à la télévision puisqu’elle aura le bonheur de tenir dans ses bras sa fille Liv, âgée de trois mois.

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Lorsque le tournoi olympique de hockey féminin s’amorcera le 11 février à Pyeongchang, Caroline Ouellette sera confortablement assise sur le divan du salon de sa demeure à Montréal pour suivre les matchs. Elle ne se sentira pas mélancolique à l’idée d’être absente à ce grand rendez-vous pour la première fois depuis les Jeux de 1998 à Nagano.

Quatre fois récipiendaire d’une médaille d’or sur la scène olympique, Ouellette aura son petit trésor dans les bras, soit la belle Liv, qu’elle a mise au monde le 5 novembre dernier.

« Le bonheur que je ressens d’être devenue maman est difficile à décrire tellement je suis heureuse. J’ai connu une belle carrière sur la scène internationale, mais aujourd’hui, je me sens comblée par la vie. Je ne pensais pas qu’on pouvait aimer autant que ça », a confié Ouellette mardi soir à l’aréna Michel-Normandin, après avoir aidé son équipe, les Canadiennes, à triompher des Rays de Vanke, une formation chinoise, par la marque de 2 à 0 en fournissant des mentions d’assistance sur les deux buts.

Oui, vous avez bien lu. Caroline Ouellette est déjà de retour à la compétition, moins de trois mois après avoir accouché de sa fille.

Deux capitaines unies pour la vie

L’Américaine Julie Chu et elle forment un couple depuis plus de 11 ans. Chu était d’ailleurs présente dans un salon privé de l’aréna mardi en berçant Liv dans ses bras, pendant que sa conjointe se démenait sur la surface glacée, devant une belle foule.

L’Américaine Julie Chu et Caroline Ouellette forment un couple depuis plus de 11 ans.
Photo courtoisie
L’Américaine Julie Chu et Caroline Ouellette forment un couple depuis plus de 11 ans.

Fait à souligner, Chu a occupé le rôle de capitaine de l’équipe américaine de 2011 à 2013 alors que Ouellette a agi à titre de capitaine de la formation canadienne au tournoi olympique de Sotchi. Chu est aujourd’hui entraîneuse en chef des Stingers de l’Université Concordia.

Elle s’ennuyait de ses amies

À l’âge de 38 ans, Caroline Ouellette ne se sentait pas prête à accrocher ses patins pour de bon.

« Je m’ennuyais de mes coéquipières, de l’aspect compétitif qu’offre le hockey, et c’est pourquoi j’ai décidé d’effectuer un retour au jeu la fin de semaine dernière, a-t-elle expliqué. Après trois matchs, je n’ai pas encore retrouvé mon synchronisme, mais ça s’en vient.

Caroline Ouellette a effectué un retour au jeu après avoir donné naissance à un enfant, parce qu’elle s’ennuyait de ses coéquipières chez les Canadiennes de Montréal. Elle est entourée de Noémie Marin, d’Emmanuelle Blais et de la capitaine Ann-Sophie Bettez.
Photo courtoisie, Céline Gélinas / LCHF
Caroline Ouellette a effectué un retour au jeu après avoir donné naissance à un enfant, parce qu’elle s’ennuyait de ses coéquipières chez les Canadiennes de Montréal. Elle est entourée de Noémie Marin, d’Emmanuelle Blais et de la capitaine Ann-Sophie Bettez.

« J’en fais un défi personnel de démontrer que je suis encore capable de tenir mon bout face aux plus jeunes et de produire offensivement pour aider les Canadiennes à gagner. J’ai tellement de plaisir à jouer au hockey, même si je réalise que ma carrière achève. »

Il ne manque qu’un seul but à Ouellette pour devenir la meilleure marqueuse dans l’histoire de la Ligue canadienne de hockey féminin.

Elle partage le record de 131 buts avec Jayna Hefford et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle occupe seule le premier rang. Ça devrait se produire ce week-end alors qu’elle prendra part aux deux matchs que les Canadiennes de Montréal disputeront à Boston.

Une digne remplaçante

Ouellette n’effectue pas ce retour pour établir un record. « Ça ne change pas grand-chose pour moi, car je sais fort bien que Marie-Philip Poulin éclipsera cette marque, elle qui est la meilleure joueuse du monde », a-t-elle confié.

« D’ailleurs, je me réjouis au plus haut point qu’elle me remplace dans le rôle de capitaine de l’équipe nationale aux Jeux olympiques de Pyeongchang. On ne pouvait pas trouver mieux que Marie-Philip.

« J’ai confiance que l’équipe canadienne sera en mesure de remporter une cinquième médaille d’or consécutive. Les quatre récentes victoires obtenues aux dépens des Américaines constituent un bon tonique pour la confiance de nos joueuses, même si ces matchs ont été très serrés. »

Ouellette souhaite revivre un jour l’expérience olympique dans un rôle de coach. En attendant, elle a renoué avec le plaisir de jouer au hockey avec l’équipe des Canadiennes et elle se tire bien d’affaire, ayant amassé quatre mentions d’aide en trois rencontres.

Ouellette ne participera pas à tous les matchs des Canadiennes. Elle n’accompagnera pas l’équipe pour la tournée en Chine à la fin du mois de février, son rôle de maman la retenant, avec raison, à la maison.

Une joueuse de trop sur la glace...

Caroline Ouellette ne sera pas nostalgique en regardant le tournoi olympique de hockey féminin à la télévision puisqu’elle aura le bonheur de tenir dans ses bras sa fille Liv, âgée de trois mois.
Photo courtoisie, Céline Gélinas / LCHF

Une façon originale d’annoncer la venue d’un enfant

Caroline Ouellette a appris qu’elle était enceinte lorsque les Canadiennes de Montréal bataillaient pour l’obtention de la coupe Clarkson, en mars dernier.

Elle n’en a pas glissé un seul mot à l’entraîneur-chef Dany Brunet et aucune coéquipière n’était au courant de la bonne nouvelle pour le couple Ouellette-Chu. « C’était tout nouveau et je ne voulais pas que ça devienne une sorte de distraction au sein de l’équipe », a expliqué Caroline.

Lorsque les Canadiennes ont soulevé la coupe en triomphant de l’Inferno de Calgary et qu’on a débouché des bouteilles de champagne dans le vestiaire, Ouellette s’est contentée d’y tremper le bout de ses lèvres, elle qui vivait une quatrième conquête du championnat canadien.

« J’ai annoncé la nouvelle aux filles après trois mois de grossesse. Je leur ai dit que nous avons remporté la coupe Clarkson en ayant une joueuse de trop sur la patinoire... », a-t-elle relaté, sourire en coin, en faisant allusion à la petite fille qui grandissait dans son ventre.

Moins difficile que certaines pratiques !

Ouellette estime avoir eu une belle grossesse tandis que l’accouchement, qui a eu lieu le 5 novembre, s’est bien déroulé.

« Le fait d’être une athlète a dû m’aider, a-t-elle mentionné. J’ai pris du poids durant ma grossesse, soit environ 25 livres, mais je me sentais très bien. J’ai donc pu poursuivre mon travail de “coach” et j’ai tenu mes camps de perfectionnement pour les jeunes durant l’été.

« L’accouchement s’est si bien déroulé (environ 18 minutes de dur labeur pour donner naissance à une belle fille de sept livres et trois onces) que je dirais que j’ai déjà eu des séances d’entraînement plus dures que ça ! »

Un retour fort apprécié

Son retour au sein de l’équipe des Canadiennes de Montréal fait le bonheur de ses coéquipières, notamment de sa compagne de trio Emmanuelle Blais, qui remplit le filet depuis trois matchs.

« Caroline connaît mon style de jeu mieux que quiconque et les choses ont tout de suite cliqué lorsque l’entraîneur nous a réunies. C’est un privilège de pouvoir jouer au sein du même trio que Caroline », a dit l’athlète de 30 ans.

L’entraîneur-chef des Canadiennes, Dany Brunet, ne cache pas que le retour au jeu de Caroline Ouellette a été bénéfique pour sa formation, même si les Canadiennes trônent au premier rang du classement de la LCHF.

Une source d’inspiration

« Elle est une source d’inspiration, a-t-il commenté. Par le leadership qu’elle exerce sur la patinoire et dans le vestiaire, Caroline rend ses coéquipières meilleures. Elle est dynamique et elle transmet son énergie à tout le monde. Elle fait belle figure sur la glace depuis son retour et je sais que le meilleur est à venir dans son cas.

« Les gens parlent souvent de ses succès sur la scène internationale, Caroline ayant aidé l’équipe canadienne à remporter quatre titres olympiques et six championnats du monde, a poursuivi l’entraîneur. Mais c’est avant tout une très bonne personne, qui possède des qualités qui sont rares. Caroline est humble et elle fait toujours passer les succès de l’équipe avant ses intérêts personnels. »