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Entre l’ombre et la lumière

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Les commémorations sont terminées. L’attentat meurtrier au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) n’a cependant pas fini de nous remuer. Comme pour la tuerie de Polytechnique, il nous faudra probablement des années avant de pouvoir nommer clairement les choses.

Lundi soir, en présence des familles des victimes, les leaders politiques étaient réunis dans une cérémonie empreinte de solidarité. Le premier ministre Justin Trudeau a décidé de faire bande à part. Le temps lui donnera peut-être raison.

Pourquoi ?

« Pourquoi le mot islamophobie nous met mal à l’aise ? » a-t-il lancé. « Il n’y a personne qui se plaint du mot homophobie », ajoutait-il. Fait à noter, cette question, Justin Trudeau l’a posée aux Québécois ET aux Canadiens.

Le 12 janvier, je signais une chronique – La nation piégée –, dans laquelle j’expliquais­­­ les raisons plus globales de ce blocage. Ces questions sont complexes. Elles méritent réflexion au lieu de se crier des noms d’oiseaux.

Il y a certes un contexte plus spécifique au Québec, mais il y a aussi une réalité plus large que nous partageons en Occident. Ici comme ailleurs, nous oscillons entre l’ombre d’une minorité intolérante et la lumière d’une majorité accueillante et ouverte.

Gratitude

À preuve, malgré leur immense souffrance, les familles des victimes ont multiplié les messages de gratitude envers la société québécoise. Cette même société dont elles font partie et à laquelle elles contribuent tant.

À l’opposé, l’intolérance porte plusieurs masques, dont notamment la misogynie, l’antisémitisme, l’homophobie et aussi, l’islamophobie. Ces quatre pôles sont d’ailleurs souvent repris à l’unisson par des groupuscules agissants. Dans leur cas, il n’est pas vraiment question de « peur », laquelle peut être calmée par la connaissance, mais de « haine ».

Ceci dit, la société québécoise dans son ensemble est ouverte à sa propre diversité croissante. Ce qui ne nous soustrait pas pour autant au devoir d’une réflexion nécessaire sur ces mots qui dérangent.