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Hiver en 3 temps

Snow storm  in Montreal
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Dans ma vie, j’ai connu 3 types d’hivers. Celui de mon enfance où j’allais faire du 3 skis jusqu’à ce que mes joues soient aussi froides que l’ambiance d’un party où tu revois un ex pour la première fois.

Ensuite, il y a eu l’hiver d’adulte. Les premiers hivers où j’ai eu des chars qui ne démarrent pas, des entrées a pelleter, marcher dans le froid dans le méandre de la ville avec un cache-cou par-dessus le nez et de la morve par-dessus les sourcils.

Depuis 2 ans, je vis des hivers de parents. C’est un autre genre d’hiver, un hiver que tu ne peux connaitre que si tu as un ou quelques petits rejetons à ta charge. Un hiver rempli de moments inoubliables et de virus dont, jusque-là, tu ne connaissais pas l’existence.

Si tu as des enfants à la garderie, tu sais très bien de quoi je parle. Pour les néophytes dans le domaine, la garderie est un endroit qui sert essentiellement à faire circuler des germes, en particulier pendant l’épisode hivernal.

Du mois d’octobre jusqu’au mois de mai, c’est un marathon de rhume, un décathlon de grippe, une odyssée de maladies qui sont un mélange de gastro, de grippe et de peste bubonique (je ne suis pas médecin, mais je suis pas mal certain que c’est ça).

Malgré tout ça, il faut quand même aller porter, nos petits bambins au pays des lutins, ou au royaume des lutins, ou au paradis des lutins, y’a pas mal toujours un fucking lutin dans le nom d’une garderie anyway.

Alors on les emmitoufle dans une habit de neige qui est un mélange entre un thermos et une camisole de force. Après l’épisode d’habillage qui pourrait être dans le DVD des meilleurs moments de Wrestlemania, il est temps d’embarquer notre chérubin dans son siège plus sécuritaire que TOUTES les montagnes russes du monde.

Je pourrais m’arrêter là et ça résumerait assez bien le day to day d’un parent durant la saison des glaces, mais ce serait malhonnête de s’arrêter là. Je n’aurais que souligné les mauvais côtés de la tâche, comme si avoir des enfants c’était cool seulement 2 mois par année, mais il n’en est rien.

Parce qu’il y a aussi les promenades en traineau et les roulades dans la neige. Parce qu’il y a aussi les yeux pétillants de mon garçon qui déballe son énorme camion de pompier généreusement offert par sa mamie. Parce qu’il y a aussi ma blonde qui tricote des tuques, des foulards et des pantoufles pour le bonheur de nos extrémités corporelles.

En fait, hiver comme été, je crois que c’est ça le secret. Ne pas tomber tête première dans l’aigreur et dans les facettes plus sombres qu’être parent représente. C’est vrai,

quand il fait -38c et que le nez de mon fils coule comme la crue dans eaux pendant la saison des moussons, moi aussi il me vient des envies de refaire ma vie sous une autre identité au Panama. Dans ce temps-là, je sers les dents et j’avance, car je sais que dans quelques années, je vais avoir un plaisir fou à regarder mon garçon sortir son trois skis et aller se geler les joues dans un bonheur infini.