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Il a envoyé des vidéos de ses ébats sexuels

L’accusé s’en sort toutefois sans casier judiciaire

Ezra Cohen
Photo Michaël Nguyen Ezra Cohen [au centre] n’a pas hésité à envoyer des vidéos de ses ébats à ses amis, mais il a tout fait pour cacher son visage lors de son retour en cour, mercredi à Montréal.

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Un jeune Montréalais qui a distribué des vidéos de ses ébats sexuels sans le consentement de ses partenaires s’en est sorti sans casier judiciaire, malgré le traumatisme qu’il a fait vivre à ses trois victimes.

« Ça envoie le message qu’un agresseur vaut plus qu’une victime », a déploré la voix découragée Stéphanie Tremblay, du Regroupement québécois des CALACS, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles.

Elle commentait l’absolution d’Ezra Cohen, un étudiant de l’Université McGill âgé de 19 ans qui a plaidé coupable d’avoir distribué sans consentement des images intimes de trois jeunes femmes.

Pendant plusieurs mois, en 2016, Cohen a envoyé des vidéos d’ébats sexuels à neuf amis. Les images étaient de mauvaise qualité, mais les rumeurs sont finalement arrivées aux oreilles des trois femmes.

Dévastées

Une victime a porté plainte à la police, qui a finalement arrêté Cohen. Quand elle a appris la vérité, elle était dévastée.

« J’avais peur de montrer mon visage, je ne voulais plus aller à l’école et quand j’y allais, je sentais que je devais me cacher », a-t-elle écrit dans une lettre à la cour, ajoutant avoir l’impression que Cohen a des remords parce qu’il s’est fait attraper, et non pour ce qu’il a fait.

Une autre victime s’est sentie humiliée par Cohen.

« Tu ne comprendras jamais la douleur, la colère, l’anxiété, l’humiliation et le manque de respect que nous ressentions, et que nous ressentons encore », a-t-elle écrit, précisant que malgré le traumatisme, elle allait en ressortir plus forte.

Absolution

Mais Cohen n’aura pas de casier judiciaire puisque la procureure à la Couronne Roxane Laporte et Jonathan Gordon, de la défense, ont conjointement suggéré l’absolution, ainsi qu’un interdit de contact avec les victimes d’une durée d’un an.

Ils ont justifié une telle demande en rappelant que son plaidoyer de culpabilité a évité aux victimes de témoigner.

Cohen n’a pas d’antécédents criminels et il est aussi engagé au sein de sa communauté, en plus d’étudier à temps plein. Ses remords et ses excuses ont aussi joué en sa faveur.

« La cour a de sérieuses hésitations, mais elle ne peut pas dire que cela va contre l’intérêt public », a conclu le juge Yves Paradis, mercredi au palais de justice de Montréal.