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Le commissaire à la déontologie policière réclame 17 mois d’inhabilité pour «matricule 728»

Matricule 728
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Même si elle est à la retraite depuis 2015, le Commissaire à la déontologie policière réclame que Stéfanie Trudeau, pour avoir maltraité un citoyen il y a plus de cinq ans, soit déclarée inhabile à exercer les fonctions d’agent de la paix pour une période de 17 mois.

Mercredi, les procureurs du Commissaire à la déontologie policière ont réclamé des sanctions consécutives pour l’ex-policière du Service de police de la Ville de Montréal en raison, notamment, de ses antécédents déontologiques et de son «attitude répétitive».

En octobre dernier, «matricule 728» avait été reconnue coupable de cinq des neuf chefs d’accusation déposés contre elle devant le Comité de déontologie policière à la suite d'une intervention musclée contre Julian Menezes.

«[Stéfanie Trudeau] a utilisé une force excessive pour faire taire le plaignant et désirait le punir, a mentionné Valérie Deschênes, qui représentait le commissaire. Les policiers voulaient donner une bonne leçon à un citoyen qui avait été impertinent.»

Le président du comité, Me Pierre Gagné, avait déjà déterminé que Mme Trudeau n'avait pas veillé à ce que Julian Menezes porte sa ceinture de sécurité, qu'elle n'avait pas utilisé l'autopatrouille avec prudence et discernement, qu'elle avait omis de donner son identité et qu'elle avait eu recours à une force plus grande que nécessaire.

Les événements remontent au 20 mai 2012. Stéfanie Trudeau patrouillait alors avec son partenaire sur le Plateau-Mont-Royal. Lorsque les policiers ont tenté d'arrêter un cycliste, Julian Menezes, un pur inconnu, a proposé au citoyen d'agir comme témoin s'il décidait de contester l'arrestation.

Les échanges entre les policiers et M. Menezes sont rapidement devenus tendus et l'homme a lui aussi été mis en état d'arrestation. Il a notamment été blessé lors de son transport en autopatrouille et on l'a menacé de l'envoyer en prison, «où il se ferait enculer».

L’ancienne policière avait été condamnée par le passé pour avoir utilisé un langage injurieux, ce que n’a pas manqué de souligner le Commissaire dans ses représentations.

L’avocat de Stéfanie Trudeau a fait valoir que sa cliente avait reconnu une partie de ses torts devant le comité lors de son témoignage et que la sentence devait refléter la globalité de l’intervention.

«L’arrestation et la détention étaient légales et, dans le contexte tendu de mai 2012, le déplacement de M. Menezes en autopatrouille était justifiable», a argumenté Me Giuseppe Battista.

L’avocat a demandé des peines concurrentes pour quatre des cinq chefs et a concédé qu’une sanction consécutive était appropriée pour le langage qu'avait employé Stéfanie Trudeau. Il a demandé une peine totale de quatre mois.

Puisqu’elle a pris sa retraite en octobre 2015, la seule sanction qui peut être imposée à Stéfanie Trudeau est l'interdiction d’exercer le métier de policier.

Stéfanie Trudeau avait aussi été condamnée en déontologie à trois mois d’inhabilité en 2016.

Me Gagné rendra sa décision dans les prochaines semaines.