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Les infirmières contre-attaquent en lançant une publicité

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Le cri du coeur d’une jeune infirmière de Sherbrooke a eu un effet viral à tel point que le premier ministre a invité la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) à lui proposer des solutions.

La déclaration de Philippe Couillard survient alors que la Fédération des infirmières lance une série de publicités pour dénoncer leurs conditions de travail.

Dans cette offensive sur les réseaux sociaux, dont TVA Nouvelles a obtenu copie, la FIQ dénonce en bande dessinée l'épuisement de ses membres dans les centres hospitaliers.

«Quand j'ai votre mère, quand j'ai votre enfant à ma charge, j'ai besoin d'un nombre d'heures aussi de repos, insiste Nancy Bédard, de la Fédération interprofessionnelle de la santé. Et du temps supplémentaire, des centaines d'heures, comme il se passe actuellement dans le réseau, c'est inacceptable, et c'est devenu une gestion qui est régulière. Alors, c'est assez. Les professionnels en soins le dénoncent. Et c'est ce qu'on illustre avec ces deux publicités.»

Ces pubs s'ajoutent aux sit-in dans des centres hospitaliers et au cri du coeur de cette jeune infirmière, qui est devenu viral sur les réseaux sociaux.

«Quand j'ai vu l'ampleur que ça prenait... je me suis dit: oups! Est-ce que j'ai fait une erreur?», se demande l’infirmière Émilie Ricard, à l’origine du message qui a fait grand bruit.

Une «action concertée», dit le ministre Barrette

«C'est triste de lire une page comme ça, admet le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. La question des sit-in, il n'y a aucun doute que, ça, pour moi, même si la FIQ dit le contraire, c'est une action concertée.»

«Ce n'est pas une stratégie. Notre seule stratégie, c'est de dénoncer maintenant ce qui est inacceptable», dit Mme Bédard.

«La position de Mme Bédard aujourd'hui est telle que, si on devait donner suite à ses revendications... Il n'est pas là, le personnel!», soutient le ministre Barrette.

«Des postes à temps complet, ça fait deux ans qu'on le demande. La planification de main-d'oeuvre, les réformes ont empêché administrativement la capacité des établissements de le faire», réplique Mme Bédard.

Ce à quoi répond le ministre: «On ne peut pas s'entendre constamment sur une chose et, deux semaines après, être sur la place publique et dire que ce n'est pas correct.»

«Ce n'est pas moi qui ne tiens pas parole, rétorque Mme Bédard. On a signé. Et c'est eux qui ne nous donnent pas les moyens de leur faire.»

«J'ai investi 65 millions de dollars pour embaucher 1300 personnes de différentes catégories d'emplois», justifie M. Barrette.

De son côté, le premier ministre Couillard tend la main aux infirmières. «J'aimerais qu'elle me dise à moi, à nous, ce qu'elle propose qu'on fasse de plus, parce qu'on a signé avec elle cette entente, dans laquelle on s'engageait ensemble à aller plus loin dans les postes d'infirmières. Et, encore une fois, ce n'est pas une question budgétaire. On a les moyens pour le faire.»

M. Couillard ajoute qu'il sait que les gens du réseau de la santé sont poussés au maximum et qu'il en est très reconnaissant.

-D’après un reportage d’Alain Laforest