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Les routes vous coûtent 1000$ par an

Pierre-Olivier Pineau, Professeur HEC Montréal
Photo courtoisie Pierre-Olivier Pineau, Professeur HEC Montréal

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Le sel, les nids-de-poule, les ponts, la congestion et tous les autres frais liés aux routes coûtent 917,42 $ par an à chaque Québécois, qu’il soit propriétaire d’une auto ou non, d’après une analyse économique qui sera dévoilée mercredi.

Pour les propriétaires de véhicule, la facture bondit à 7577,35 $ par année et par personne, car on y ajoute l’achat d’essence et les coûts de propriété.

« C’est lourd, ça grève le budget des familles », indique Philippe Cousineau-Morin, le président de Trajectoire Québec, l’organisme qui a chapeauté le rapport en partenariat avec la Fondation David Suzuki et le soutien financier du ministère des Transports.

Globalement, « les transports routiers, en excluant le transport collectif, le transport des marchandises et les coûts des stationnements, coûtent de 43 à 51 milliards $ par an aux Québécois, soit l’équivalent de 11 à 13 % du PIB [produit intérieur brut] », indique l’analyse.

« C’est une somme incroyable qu’on dépense pour des véhicules privés qui sont stationnés en moyenne 23 heures par jour et qui, dans l’heure où ils fonctionnent, sont dans la congestion avec trois places vides autour du conducteur », commente Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal.

Payer au km

Selon lui, investir de telles sommes sur nos routes est d’autant plus incohérent que le Québec souhaite réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) qui proviennent à 40 % du secteur des transports.

Pour M. Pineau, qui signe la préface du rapport, « on investit clairement dans le problème plutôt que dans la solution ».

Entre 1990 et 2015, alors que la province a réduit de 10 % ses émissions de GES, le transport routier de personnes et de marchandises a augmenté ses émissions de 36 %.

Pour détourner les ménages de l’auto, M. Cousineau-Morin recommande le principe de l’utilisateur-payeur. Installer des balises à bord des véhicules permettrait, dit-il, de facturer aux usagers le kilométrage effectué, tout en finançant le transport collectif.

M. Pineau souligne que tous les Québécois ne peuvent pas se priver d’un véhicule « parce que les systèmes de transport en commun ne sont pas adéquats pour qu’on puisse faire ce choix à grande échelle ».

Néanmoins, « les consommateurs ont le choix de ne pas payer 40 000 $ pour s’acheter un VUS qui consomme plus d’essence, par rapport à une voiture moitié moins chère qui consomme moins », souligne-t-il.