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L’humilité de Lisée, la deuxième chance de Hivon

JEAN-FRANÇOIS LISÉE ET VÉRONIQUE HIVON
Photo Marc-André Gagnon Jean-François Lisée et Véronique Hivon se sont présentés en tandem à Saint-Hyacinthe.

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À la traîne dans les sondages, Jean-François Lisée a sorti une lapine de son chapeau devant les militants péquistes : Véronique Hivon. Lui, le côté givré. Elle, sage et modérée. Il a besoin d’elle pour sauver le navire. Elle a besoin de lui pour apprendre à briller davantage dans un rôle de leader.

Étonnant, comme le destin réunit Lisée et Hivon après une confrontation manquée à la suite du départ de PKP.

Appréciée du public, la députée de Joliette a été la première à se lancer dans la course en mai 2016. Il y avait un buzz autour de la populaire mère de l’aide médicale à mourir.

Mais, la comète a semblé s’éteindre bien avant son retrait de la course pour des raisons de santé.

Tout d’abord, l’establishment du parti jugeait qu’elle n’était pas suffisamment expérimentée. Bien que rassembleuse, on doutait en privé de ses capacités à jouer un rôle de chef, à livrer une rude bataille contre Philippe Couillard et François Legault.

Ainsi, un ex-employé raconte que sous l’influence de Stéphane Bédard, Agnès Maltais et Harold Lebel ont convaincu une bonne partie du caucus de se tourner vers Alexandre Cloutier.

DIFFICILE PREMIÈRE COURSE

Une entrevue difficile au micro de Paul Arcand, où elle a paru trop hésitante, a renforcé « l’impression qu’elle n’était pas prête », indique cette source.

Quelques-uns ont encore tenté de marchander leur appui, mais Véronique Hivon refusait de jouer ce jeu-là.

Cloutier a ensuite lancé sa campagne à Alma entouré d’un nombre impressionnant d’élus. La députée de Joliette avait perdu le momentum et ne l’a jamais retrouvé.

Ses quelques engagements, touchant surtout le parlementarisme, n’ont pas soulevé d’intérêt.

« Le spin du clan Cloutier était qu’elle n’était pas capable de décider de rien », indique un autre témoin de cette période.

Avant de quitter pour les vacances estivales, un sondage Léger démontrait le 11 juin que Cloutier l’avait largement devancée avec 37 pour cent d’appuis, contre 14 pour cent.

Finalement, éclipsée par le combat identitaire entre le favori et Lisée, elle a dû renoncer, affaiblie par une labyrinthite.

« Elle a quitté une course qui n’allait nulle part, sans subir le prix politique d’une défaite », admet un ancien collaborateur.

SON AURA INTACTE

L’avantage est qu’elle n’a pas perdu une certaine aura, maintenant habilement utilisée par un chef, suffisamment humble pour demander de l’aide.

« Elle ne fait pas de gaffe, mais elle refuse de se mettre les mains dans la boue, ce qui, à la longue, lui aurait nui comme chef », reconnaît une personne proche.

Pas de doute que Lisée fera le sale boulot, mais Véronique Hivon saisit la chance de se retrouver sous les feux de la rampe, dans un rôle complémentaire qui pourra la servir dans le futur.

Ce mariage forcé pourrait attendrir les cœurs et les raisons.

Si le chef péquiste réussit son pari, il risque d’écrire un livre et d’emprunter le titre de la biographie de Richard Legendre, « l’humilité d’un gagnant » !