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Par ici les brebis

Par ici les brebis
Photo tirée de Facebook

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La mère de Sylvester Stallone lit l’avenir dans les lignes de vos fesses.

Pas de farce.

Ça s’appelle la rumpologie.

Tu baisses tes culottes, tu t’assois sur un photocopieur, tu te scannes le postérieur, tu envoies ça par courriel à la mère de Rocky qui vit à Santa Monica et, moyennant 600 $ (300 $ la fesse), la dame de 96 ans (qui est tellement remontée qu’elle a le cul en arrière du cou) te dit ce que l’avenir te réserve.

L’Allemand Ulf Buck, lui, utilise une autre méthode, plus intime, plus personnelle.

Ce médium aveugle lit l’avenir de ses clients en leur tâtant les fesses.

LA SIRÈNE DES ÎLES FIDJI

« There’s a sucker born every minute », disait P. T. Barnum.

Le gars savait de quoi il parlait. Il est devenu multimillionnaire en exploitant la crédulité des gens dans ses cirques.

« Venez, entrez dans ma tente, et venez voir mes créatures extraordinaires ! L’incroyable sirène des îles Fidji ! L’Enfant léopard ! Isaac, le squelette vivant ! La géante de Nouvelle-Écosse ! Annie, la femme à barbe ! Sans oublier Kina, le cannibale ! »

Il fit même passer deux enfants retardés mentaux pour des « sauvages australiens, mi-hommes, mi-kangourous­­­ ».

Alors, quand j’ai lu le reportage percutant de Camille Garnier sur l’apôtre Patrick Isaac, je n’ai pas été surpris deux secondes.

Après tout, il y a des gens qui sont prêts à s’enrouler dans du Saran Wrap pendant neuf heures pour purifier leur âme...

Ou acheter un livre traduit par Ginette Reno sur une « coach spirituelle » qui parle régulièrement à Jésus.

PUR NOISETIER

« Le monde a besoin de magie », chantait Michel Rivard.

Des charlatans, en veux-tu, en v’là. Tu donnes un coup de pied dans une poubelle et cinquante sortent en courant.

Des médiums africains, des pasteurs, des coachs de vie, des pharmaciennes millionnaires, des vendeurs de colliers magiques, des astrologues, des génies de la finance qui savent comment devenir millionnaire, mais qui conduisent une Lada usagée et qui ont leur bureau au-dessus d’un salon de massage à Saint-Léonard­­­...

Et que dire du pape François qui a mis ses ouailles en garde contre les dangers des « fausses nouvelles », la semaine dernière ?

Le gars prie un Dieu vivant né d’une vierge engrossée par un ange qui parlait à travers un buisson ardent.

Un peu mal placé pour faire la leçon, mettons...

Ce qui me choque, ce qui est aberrant, c’est l’absence totale de protection.

Fais passer de la goberge pour du crabe, et tu vas recevoir une amende.

Mais promets à une personne vulnérable que tu la mettras en contact avec l’esprit de son enfant défunt, et personne ne t’embêtera.

Car dans notre belle société­­­, tu es libre de croire ce que tu veux.

LE DROIT D’EXPLOITER

Comme je l’ai déjà écrit, en France, il y a un crime qui s’appelle « abus de faiblesse » : exploiter l’état d’ignorance ou de vulnérabilité psychologique d’une personne pour l’amener à prendre des engagements dont elle est incapable de voir l’importance.

Ici, les faibles, on ne les protège pas.

On les livre aux grands parleurs comme Patrick Isaac.