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Première des Denis Drolet: le brun contre la grisaille?

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MONTRÉAL | Denis barbu (Sébastien Dubé) et Denis à palettes (Vincent Léonard) teintent de brun le milieu de l’humour depuis suffisamment longtemps – 18 ans – pour pouvoir se permettre un spectacle dans leur plus simple expression... en stand-up. Absurde et débridé, le tandem a convaincu sans peine ses adeptes. Mais sa proposition, peut-être un peu trop de niche, en a laissé certains dans la soupe aux pois.

Accompagnés à la guitare, les acolytes, «les deux hôtesses de l’air», se sont déliés à la fois la langue et la folie, aussitôt débarqués sur la scène de Monument-National.

Force est de constater qu’on ne plonge pas tête première dans ce En attendant le beau temps, la quatrième offrande des Denis Drolet. Même que les remerciements d’ouverture, où il est notamment question du petit Jérémy, «mais avec un visage d’humain» et du psychopathe Luka Rocco Magnotta, font plus sourciller qu’ils ne donnent matière à se taper sur les cuisses.

Comme le titre l’indique, une référence à ce qui cloche en ce moment, les thèmes abordés ne sont pas tous frivoles. Même si la paire chevelue rodait son spectacle bien avant que ne pullulent les scandales d’inconduites sexuelles, ceux-ci nous viennent en tête, notamment lorsqu’on distingue les hommes et les femmes à travers des «jokes» de «nacho».

Évidemment surréalistes, les boutades misogynes auxquelles Denis bourru s’adonne depuis longtemps atteignent leur cible dans la salle. Avec une phrase comme «Mesdames, comment je vous dirais ben ça... "ostie" de gang de connes», on crève l’abcès. «Les femmes, je les connais, poursuit-il, comme si je les avais tripotées, euh... tricotées». Le ton est donné.

Polaire ou bipolaire

Et que dire de la maladie mentale («de Serge, l’ours polaire (bipolaire) qui couche pas avec ses chums quand qu’yé s’a brosse» ou de Denis schizophrène, qui entend des voix lui dire «m’a te pogner les pieds»). La mort aussi est évoquée au passage, probablement la saynète la plus désopilante de la soirée.

Parmi les passages les plus solides, la plupart sont inénarrables (dont celui avec la marionnette Christian), tellement ils tiennent à l’interaction entre les comparses ou qu’on ne peut les extraire du contexte sans leur rendre pleinement justice.

Les chansonnettes signature des Denis – quatre ici – ponctuent le tout d’humour bon enfant, sauf pour La douche aux paroles explicites.

Récemment, on apprenait que Les Denis Drolet planchaient sur un projet de dessin animé pour la télé. Pour les néophytes – et il en reste encore quelques-uns –, c’est alors que le déclic se fait. Qu’on comprend enfin le cadre dans lequel on nous a propulsés. Car il faut être initié à ce délire «cartoonesque» pour pouvoir l’apprécier à sa juste mesure.

«En attendant le beau temps» des Denis Drolet en supplémentaire au Monument-National, le 29 septembre prochain.