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Accusé de tentative de meurtre, il s'enfuit en Europe: un fugitif d’ici recherché par Interpol

L’enseignant montréalais inculpé de tentative de meurtre se manifeste souvent sur les réseaux sociaux

Sébastien Normandin
Photo Facebook Sébastien Normandin a diffusé cette photo sur Facebook en 2014 alors qu’il travaillait pour une université américaine.

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Accusé de tentative de meurtre, un Montréalais ayant profité de sa mise en liberté provisoire pour s’enfuir en Europe il y a trois mois se trouve la cible d’une traque policière pour le moins spéciale.

La photo de Sébastien Normandin apparaît maintenant sur une liste de quelque 60 fugitifs canadiens recherchés dans 190 pays par l’agence Interpol, a appris Le Journal.

Normandin, 47 ans, fait l’objet d’une « notice rouge », soit le type même d’avis de recherche qui fut lancé pour retrouver le meurtrier Luka Rocco Magnotta en Allemagne, en 2012, à la demande du SPVM. Pareille mesure est toujours en vigueur à l’encontre du Hells Angel David « Wolf » Carroll, qui a fait faux bond aux policiers québécois avant l’opération Printemps 2001.

Le fuyard qui se qualifie d’intellectuel est pourtant loin d’avoir le profil de ces criminels.

Né à Schefferville sur la Côte-Nord, Sébastien Normandin est détenteur d’un doctorat en histoire de l’Université McGill, une matière qu’il a aussi enseignée. Sans antécédent judiciaire, il était parti vivre en Colombie-Britannique lorsqu’il s’est mis dans le pétrin.

Sébastien Normandin, recherché
Photo courtoisie Interpol
Sébastien Normandin, recherché

Foncé sur sa conjointe

Les policiers de Victoria l’ont appréhendé, le 27 décembre 2016, parce qu’il aurait délibérément foncé avec sa voiture sur le véhicule de son ex-conjointe et du nouvel ami de cœur de celle-ci. Le couple s’en est sorti indemne, mais une autre personne a subi des blessures mineures.

Sébastien Normandin a été inculpé de tentative de meurtre, de conduite dangereuse, de harcèlement criminel et de voies de fait armées causant des lésions.

Après cinq mois de détention préventive, le Québécois a été libéré sous caution en attendant son procès, à la fin de mai 2017.

Le tribunal lui a ordonné de revenir à Montréal jusqu’à nouvel ordre, de se rapporter en personne dans un poste du SPVM sur une base quasi quotidienne et de suivre une thérapie auprès d’un psychologue, d’après le journal Times Colonist.

Cinq mois plus tard, l’accusé a cessé d’aller voir le psy et le SPVM. Les policiers ont découvert que, le 21 octobre dernier, Normandin – qui a vraisemblablement pu conserver son passeport en sortant de prison – s’est rendu à l’aéroport Pearson, à Toronto, et a pris un vol vers Londres. Il s’est ensuite rendu en France où l’on a perdu sa trace, selon ce que la poursuite a relaté en cour.

Narguer la police ?

Les fugitifs font habituellement tout pour disparaître dans la nature sans attirer l’attention­­­. Mais Normandin continue de s’exprimer régulièrement sur les réseaux sociaux. Un peu comme s’il voulait mettre les policiers au défi de localiser l’ordinateur ou le cellulaire qu’il utilise.

Sous le pseudonyme « L’étrange historien », il a notamment écrit sur Twitter, le 11 janvier, qu’il cherchait un éditeur pour publier son livre sur sa vie en prison.

« À part les maladies incurables et la guerre, la prison est l’une des pires choses qui existent. À éviter à tout prix », a-t-il épilogué sur Facebook le 27 décembre, en ajoutant que « L’État n’est pas votre ami ».

Il a anglicisé son prénom sur Twitter, où il publie ses messages en anglais.
Capture d'écran Twitter
Il a anglicisé son prénom sur Twitter, où il publie ses messages en anglais.
Le 1er août, il a écrit avec sarcasme qu’il aimerait avoir une copine même si « c’est ce qui m’a mis dans ce pétrin »
Capture d'écran Twitter
Le 1er août, il a écrit avec sarcasme qu’il aimerait avoir une copine même si « c’est ce qui m’a mis dans ce pétrin »
Juste avant sa cavale, il se plaignait que la vie en liberté sous conditions n’était pas une vie normale.
Capture d'écran Twitter
Juste avant sa cavale, il se plaignait que la vie en liberté sous conditions n’était pas une vie normale.
Le 15 janvier, il écrivait à ses 1326 abonnés que la dépression l’a envoyé en prison et a fait de lui un fugitif.
Capture d'écran Twitter
Le 15 janvier, il écrivait à ses 1326 abonnés que la dépression l’a envoyé en prison et a fait de lui un fugitif.

 


♦  Joint par Le Journal, le constable Matthew Rutherford, porte-parole de la police de Victoria, a refusé de commenter le dossier, sauf pour mentionner que « nos recherches se poursuivent ».