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Un super microscope pour des supermicrochirurgies

Des opérations maintenant possibles ici devaient être faites en Asie

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Photo courtoisie, CHUM Le Dr Ali Izadpanah (à gauche) regarde dans le microscope pour connecter les vaisseaux sanguins aux vaisseaux lymphatiques pendant l’opération de sept heures. Ces vaisseaux ne sont pas visibles à l’œil nu.

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Le puissant microscope japonais acheté par le CHUM permet pour la première fois au Québec de faire des chirurgies sur de minuscules vaisseaux sanguins de moins d’un millimètre.

Appelées des « supermicrochirurgies », elles permettent notamment de drainer des lymphœdèmes, une enflure causée par une accumulation anormale de lymphe dans les bras ou les jambes.

Mercredi, Le Journal a pu assister à la deuxième opération menée par le CHUM, une délicate intervention d’environ sept heures, pendant laquelle un chirurgien-plasticien connecte des vaisseaux sanguins aux vaisseaux lymphatiques afin que le liquide puisse s’écouler.

Cette chirurgie était auparavant seulement disponible en Asie et aux États-Unis, le microscope Mikata, un appareil de 460 000 $, pouvant grossir jusqu’à 80 fois ce qu’il observe.

Elle permet de réduire de plus du tiers l’enflure et les douleurs d’un patient, car le lymphœdème est une maladie chronique sans guérison connue.

Alerté

Le chef de service de chirurgie plastique du CHUM, le Dr Michel-Alain Danino, s’est dit alerté par le nombre de Canadiens sur des listes d’attente aux États-Unis et prêts à payer des milliers de dollars pour cette opération.

C’était d’ailleurs ce que comptait faire Olivier Lagacé, le premier patient à avoir subi un drainage lymphatico-veineux la semaine dernière au CHUM. Le jeune homme de 23 ans a vu sa cuisse gauche enfler il y a trois ans, quelques mois après un accident de moto, où il s’était blessé à la hanche.

Il devait porter un bas de compression presque en tout temps sur la jambe pour ralentir les enflures. Malgré tout, il peinait à s’asseoir et était en douleur dès qu’il pliait la jambe.

« Tous les mouvements quotidiens, comme vider le lave-vaisselle, étaient compliqués à cause des douleurs », dit le jeune actuaire, qui craignait même de devoir faire un trait sur sa carrière, puisqu’il ne pouvait pas rester assis toute une journée.

Satisfait

Le Dr Ali Izadpanah, qui l’a opéré, est satisfait des résultats après une semaine. Mais comme le liquide en trop est évacué dans de minuscules vaisseaux, il dit qu’il faut attendre plusieurs mois avant de voir des résultats concrets.

Ce dernier, qui a fait sa formation à la prestigieuse Mayo Clinic aux États-Unis, s’attend à être occupé dans les prochaines semaines puisqu’environ 155 000 Canadiens souffriraient d’un lymphœdème.