/news/politics
Navigation

Congés parentaux plus souples: Québec va prêcher par l’exemple

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre Couillard lors du point de presse de clôture du caucus présessionnel du PLQ jeudi.

Coup d'oeil sur cet article

Philippe Couillard soutient que le gouvernement va donner l’exemple avec sa proposition de congés parentaux plus souples.

« Ce serait absurde que l’État, comme employeur, ne donne pas l’exemple », a affirmé le premier ministre jeudi lors du point de presse de clôture du caucus présessionnel du PLQ.

Comme le rapportait Le Journal, M. Couillard a annoncé des assouplissements au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), qui permettront aux familles d’étirer leurs semaines de congé sur une période de deux ans avec l’accord de l’employeur.

M. Couillard mise sur la conciliation travail-famille pour se distinguer en période préélectorale. Contrairement à la génération du premier ministre, « pour laquelle le travail, c’était tout », les nouveaux parents ne « veulent pas de ce modèle de vie là ». « C’est un changement de paradigme social, c’est un changement de société, et c’est une bonne chose, et il faut qu’on s’adapte à ça », a-t-il indiqué.

Retour progressif

Cet assouplissement qui n’augmente pas le nombre maximum de congés pourrait permettre, par exemple, aux parents d’interrompre temporairement leur congé parental. M. Couillard évoque aussi « la possibilité d’un retour progressif au travail avec un horaire à quatre jours semaine ». Un projet de loi devra toutefois être adopté pour rendre cette proposition effective.

Les employeurs sont méfiants, mais y voient aussi des avantages. « C’est important de connaître les détails. Les petites entreprises n’ont pas de département de ressources humaines, ça peut être impossible pour une compagnie de 10 employés d’offrir la semaine de quatre jours », avertit Martine Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Elle y voit toutefois des avantages pour les compagnies qui ont des « affluences saisonnières » et qui pourraient demander à des travailleurs de venir faire quelques semaines pour ensuite retourner en congé.

Pour le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, il n’y a pas « d’objection » formelle. Les avantages : ça ne coûte pas plus cher, et ça repose sur une entente mutuelle, explique-t-il. Le défaut : « ça peut créer des tensions entre l’employeur et l’employé, ça fait partie des défis. Ça peut créer des enjeux relationnels, la question est réelle », estime-t-il. Le refus de l’employeur pourrait créer du mécontentement, par exemple.

À l’inverse, la CSN s’inquiète de voir un travailleur forcé de rentrer au travail plus tôt. « Nous devons absolument éviter que des pressions s’exercent sur des personnes pour qu’elles entrent au travail, alors qu’elles ne le souhaitent pas », affirme Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.