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Dopage: L’AMA s’est dite grandement préoccupée après la levée des sanctions contre 28 sportifs russes

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Photo d'archives, AFP Le fondeur Alexander Legkov, médaillé d’or au 50 km des Jeux olympiques de Sotchi il y a quatre ans, a eu gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport.

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La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de lever complètement la suspension à vie imposée à 28 athlètes russes a été durement accueillie, jeudi, par le mouvement antidopage. À huit jours de l’ouverture de Jeux olympiques de Pyeongchang, elle a également semé la confusion dans le milieu du sport amateur.

La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de lever complètement la suspension à vie imposée à 28 athlètes russes a été durement accueillie, jeudi, par le mouvement antidopage. À huit jours de l’ouverture de Jeux olympiques de Pyeongchang, elle a également semé la confusion dans le milieu du sport amateur.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) s’est dite «grandement préoccupée» par le verdict rendu par le TAS, qui a jugé que les preuves de dopages concernant 28 athlètes russes aux Jeux de Sotchi étaient insuffisantes pour maintenir la suspension à vie que leur avait imposée le Comité international olympique (CIO).

Au total, 39 athlètes russes qui faisaient partie du programme de dopage systémique de la Russie ont fait appel au TAS, qui a tenu une audience extraordinaire à Genève à la fin janvier en raison.

«Cette décision est de nature à causer de l’incompréhension et de la frustration chez les sportifs, a déclaré l’AMA par communiqué. Le fait que les procédures d’appel de 11 sportifs aient été rejetées par le TAS confirme les conclusions de la Commission Schmid du CIO, qui avait été mise sur pied en juillet 2016 pour enquêter sur la manipulation systémique du processus de contrôle du dopage en Russie.»

Le stratagème avait été dévoilé à la suite de l’enquête indépendante menée par Richard McLaren pour le compte de l’AMA.

Frustrée, mais pas surprise

La docteure Christiane Ayotte, directrice du Laboratoire de contrôle du dopage du Centre INRS-Institut Armand-Frappier, est de son côté déçue, frustrée, mais pas complètement surprise de la décision du TAS.

«Quand McLaren a fait son enquête, c’était pour exposer un système généralisé en Russie. Ce n’était pas fait de façon a sanctionné individuellement les athlètes, a expliqué Mme Ayotte en entrevue au 98,5.

«Des évidences indiscutables de stratagèmes de manipulation ont été trouvées, tant à Sotchi que dans les laboratoires de Moscou, a-t-elle poursuivi. Mais il y a des évidences qui ont été insatisfaisantes (pour le TAS) pour démontrer que l’athlète avait été impliqué directement.»

Plusieurs athlètes, dont le lugeur canadien Sam Edney, ont durement encaissé le coup. «C’est une journée très sombre pour les Olympiques et pour le sport», a-t-il dit sur Twitter.

Direction Pyeongchang?

Le porte-parole qui a rendu la décision du TAS a expliqué que si les preuves recueillies concernant ces 28 athlètes n’étaient pas suffisantes pour juger qu’ils avaient violé le règlement antidopage, elles ne permettaient pas non plus de les exonérer et de conclure en leur innocence.

Néanmoins, cette décision a permis de rétablir leurs résultats individuels aux Jeux de Sotchi. Ainsi, la Russie a récupéré neuf des 13 médailles qui lui avaient été retirées. Et en théorie, ces 28 athlètes dont font partie les fondeurs Alexander Legkov et Maxim Vylegzhanin seront éligibles aux Jeux de Pyeongchang.

Secoué par le verdict, le CIO n’est certainement pas prêt à les accueillir à bras ouverts en Corée du Sud. «La décision du TAS ne signifie pas que des athlètes, parmi le groupe des 28, seront invités aux Jeux. Ne pas être sanctionné ne confère pas automatiquement le privilège d'une invitation», a déclaré par voie de communiqué le CIO, qui considère la possibilité de faire appel de la décision au Tribunal fédéral suisse.

L’organisation internationale déplore que le TAS «n'ait pas pris en compte l'existence avérée de la manipulation organisée du système antidopage» russe pour les 28 cas et croit que sa décision «pourrait avoir un sérieux impact sur la lutte contre le dopage».

- Avec la collaboration de l'Agence France Presse