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Procès Normandeau: Guy Ouellette nie toute implication dans les fuites aux médias

Le député Guy Ouellette a témoigné durant près d’une heure, jeudi, au palais de justice de Québec, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.
Photo Simon Clark Le député Guy Ouellette a témoigné durant près d’une heure, jeudi, au palais de justice de Québec, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.

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Interrogé pendant près d’une heure, jeudi au palais de justice de Québec, le député libéral Guy Ouellette a nié toute forme d’implication, directe ou indirecte, dans les fuites d’éléments d’enquêtes de l’UPAC dans les médias.

Assigné comme témoin par la défense dans le cadre de sa requête en arrêt des procédures au procès pour fraude, complot et abus de confiance de Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté et quatre coaccusés, le député ne s’est pas défilé et a répondu, d’un ton très posé, à la majorité des questions. L’exercice s’est déroulé dans une salle comble.

Le député Guy Ouellette a témoigné durant près d’une heure, jeudi, au palais de justice de Québec, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.
Photo Simon Clark

Son avocat, Me François Marchand, est toutefois intervenu à quelques reprises pour invoquer le privilège parlementaire afin de protéger des informations jugées confidentielles en lien avec son travail de député.

Soupçonné par l’UPAC d’être à l’origine de fuites d’éléments de preuve de l’enquête Mâchurer, notamment, sur le financement politique et l’octroi de contrats publics, le député de Chomedey s’en est défendu. Il a nié avoir lui-même coulé des informations privilégiées aux journalistes ou même à un tiers qui aurait pu ensuite les acheminer aux médias.

« Avez-vous une part de responsabilité ? » lui a demandé l’avocat de Marc-Yvan Côté, Me Jacques Larochelle. « La réponse, votre seigneurie, c’est non », a-t-il répondu. Même réponse sous serment quand on lui a demandé s’il connaissait l’identité du ou des responsables des fuites.

M. Ouellette, un ex-policier de la SQ, a dit qu’il ne s’intéressait pas au contenu des enquêtes policières, mais aux pratiques en place, au climat de travail « qui n’est pas idéal » à l’UPAC et aux façons d’opérer lorsqu’il était président de la Commission des institutions. « Ce sont les parlementaires qui sont le dernier rempart de la société pour s’assurer que les dizaines de millions dépensés pour la lutte à la corruption le sont de la bonne façon », a-t-il déclaré.

Le député Guy Ouellette a témoigné durant près d’une heure, jeudi, au palais de justice de Québec, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.
Photo Simon Clark

Pas un mot en interrogatoire

Arrêté le 25 octobre dernier, il a affirmé avoir été interrogé pendant plus de six heures et n’a « pas prononcé un seul mot » avant d’être finalement relâché en fin de soirée. À ce jour, il ne fait face à aucune accusation. M. Ouellette a également contredit des informations avancées par l’ex-entrepreneur Lino Zambito, avec qui il reconnaît avoir échangé à plusieurs reprises.

Il dit n’avoir jamais été en possession de la « short list » des candidats pressentis au poste de commissaire de l’UPAC, et ne lui avoir jamais dit que le ministre Martin Coiteux était mécontent que le premier ministre écarte la candidature de Me Denis Gallant.

Le député Guy Ouellette a témoigné durant près d’une heure, jeudi, au palais de justice de Québec, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.
Photo Simon Clark

Contenu de notes manuscrites en preuve

La défense a également mis en preuve, jeudi, le contenu des notes manuscrites du policier Michel Comeau qui a rencontré Guy Ouellette au début de son enquête sur les fuites. On peut lire que le député évoque la possibilité d’un coulage de la haute direction de l’UPAC « au profit de Robert Lafrenière », que Jean-Louis Dufresne « décide tout » au cabinet du PM, mais que le dernier mot revient à Philippe Couillard, affublé du qualificatif « naïf » dans les notes de l’enquêteur.

SES ÉTATS DE SERVICE

  • Âgé de 66 ans
  • Ex-policier de la Sûreté du Québec
  • Il a pris sa retraite de la SQ en juin 2001
  • Spécialiste des motards, il a commenté l’actualité dans les médias de 2001 à 2007
  • Député de la circonscription de Chomedey depuis 2007
  • Arrêté par l’UPAC le 25 octobre 2017, il est soupçonné de fuites d’informations policières confidentielles dans les médias, mais n’a jamais été accusé
  • Il a perdu son poste de président à la Commission des institutions le 26 octobre
  • Nommé président de la Commission de l’aménagement du territoire le 22 novembre