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Labeaume toujours mal à l’aise à l’idée d’une journée contre l’islamophobie

Réagissant au dépôt d’un rapport fédéral en faveur de l’idée, le maire réitère sa position

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Québec, Régis Labeaume

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Régis Labeaume demeure mal à l’aise à l’idée d’instaurer une journée nationale contre l’islamophobie, mais ne s’opposera pas à sa tenue si jamais le gouvernement fédéral choisissait de suivre les recommandations formulées en ce sens jeudi par un comité du patrimoine canadien.

«Il faut juste penser au monde. C’est délicat tout ça. C’est quoi le résultat qu’on cherche? C’est plus de tolérance, moins de xénophobie et moins de racisme. Maintenant, c’est quoi les solutions? Est-ce que c’est vraiment une journée? C’est le fun une journée, mais est-ce que ça donne des résultats?», s’est questionné le maire hier en apprenant les conclusions du rapport d'un comité du patrimoine canadien.

Régis Labeaume demeure donc du même avis que lors de la proposition initiale du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) il y a quelques semaines. Pour la suite des choses, il s’en remet à la décision du fédéral.

«Moi j’ai dit ce que je pensais. [...] Pour le reste, ils peuvent bien faire les journées qu’ils veulent. Je pense que Justin [Trudeau] est favorable à ça, mais il ne m’a pas demandé mon opinion là-dessus. Il est le premier ministre et moi, je ne suis que le maire de la ville. Ce sera sa décision», a affirmé M. Labeaume.

«Islamophobie et toute autre forme de discrimination religieuse»

Les conclusions selon lesquelles le 29 janvier doit devenir une journée nationale d’action contre l’islamophobie sont tirées d’un rapport déposé jeudi par le Comité permanent du patrimoine canadien. L’organisme propose de nommer la commémoration «Journée nationale de commémoration et d’activités concernant l’islamophobie et toute autre forme de discrimination religieuse».

Le comité a entrepris cette étude après l’adoption, en mars dernier, de la controversée motion M103, de la députée libérale Iqra Khalid. La motion proposait notamment que la Chambre des communes condamne «l’islamophobie et toutes les formes de racisme».

Le rapport déposé jeudi matin apporte de l’eau au moulin de nombreuses organisations musulmanes au pays. Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) a interpellé Justin Trudeau début janvier afin que la date de l’attentat qui a fait six morts à la mosquée de Québec l’an dernier devienne la Journée nationale de commémoration et d'action contre l'islamophobie.

Le gouvernement Trudeau n’a toujours pas fait savoir s’il accéderait à cette demande, répétant seulement qu’il était en réflexion.

Critiques

Le rapport du comité du patrimoine ne fait pas l’unanimité. Les conservateurs, minoritaires au comité, ont présenté un rapport dissident, dans lequel ils précisent que le 29 janvier devrait plutôt être désigné «Journée nationale de la solidarité avec les victimes d’actes d’intolérance et de violence antireligieuses».

Selon l’opposition officielle, le terme islamophobie n’est pas assez inclusif.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI