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Les 25 ans de Gary Bettman

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Photo AFP Depuis 20 ans, personne ne peut nier l’attachement de Gary Bettman au sport national du pays.

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« Call me Gary », a dit Gary Bettman la première fois que je l’ai rencontré. C’était il y a 25 ans. Il était devenu commissaire de la LNH le 1er février 1993. Il était tout jeune, fraîchement arrivé de la NBA où il était un des adjoints du commissaire David Stern.

En fait, la Ligue nationale de hockey était un circuit professionnel important... mais humble quand on le comparait au football, au baseball et au basketball.

Gary Bettman a écrasé beaucoup d’orteils au cours de ces 25 ans passés à la tête de la LNH. Surtout à Québec, où il a habilement laissé grandir l’espoir d’un retour des Nordiques dans la Vieille Capitale.

Et il serait passionnant de savoir quels mots il a exactement employés lors de ses conversations avec Pierre Karl Péladeau, Brian Mulroney ou Pierre Dion, de Québecor.

Des mots qui étaient des espoirs ou des promesses voilées ? Souvent dans les affaires, le diable se cache dans les détails. Avec Bettman, le diable se cache dans un sourire sibyllin et des mots qui englobent une vérité sans la dire.

Une réussite colossale

Mais si on se met dans la peau de Bettman et des 30 gouverneurs du circuit, les orteils écrasés de Québec ne pèsent pas lourd dans le bilan. Au contraire, Bettman a maintenant une ville et un marché affamés, tout fin prêts à recevoir une équipe si la ligue était mal prise. Pendant que Québec reste sur le rond du poêle à mijoter, Las Vegas et Seattle font leur entrée en grande pompe dans son circuit. C’est pas génial pour le petit commissaire ?

Tout le reste penche du côté de Bettman. La Ligue nationale est devenue un grand circuit, mené rondement et mis en marché de façon moderne et compétente.

Même les trois conflits de travail qui ont assombri le règne du commissaire ont fini par donner des résultats payants pour tout le monde. Les joueurs font plus d’argent que jamais et les équipes ont au moins quadruplé de valeur. En 1993, le Canadien et le Centre Bell ne valaient pas 300 millions. On parle maintenant d’un milliard et demi de dollars.

Et toutes les propriétés de la ligue sont mieux protégées et vendues. À partir d’une figurine de Sidney Crosby jusqu’au chandail de Carey Price. La ligue contrôle tout et Gary est au courant de tout.

Un bureau de travailleur

Quand on visite Gary Bettman dans son bureau au siège social de la LNH à New York, on est surpris par l’humilité des lieux. C’est vaste mais encombré et les meubles n’ont rien d’ostentatoire. C’est le bureau d’un homme qui travaille dur. Et tous ceux qui œuvrent dans le hockey le confirment. Le commissaire bosse de longues heures.

Pendant de nombreuses années, on a soupçonné que Bettman n’était pas un vrai amant du hockey. Il venait du basket et ses réflexes portaient encore la trace de son séjour dans la NBA.

Mais depuis 20 ans, personne ne peut nier son attachement au sport national du pays. Des matchs, il en voit et il a appris à respecter profondément les joueurs qui sont le produit offert aux consommateurs et aux annonceurs.

On peut lui reprocher l’absence des meilleurs joueurs du monde aux prochains Jeux olympiques. Avec raison. Mais dans la grande partie que se livrent les géants de la finance qui mènent la LNH et le CIO, on ne peut nier que les arguments et les objections de Bettman tiennent la route.

Toujours de son point de vue de commissaire d’une business, évidemment. Si on pense aux amateurs, ils sont les vrais perdants du bras de fer entre le CIO et Bettman.

Mais les raisons financières vont basculer pour les Jeux de Pékin en 2022 et Bettman le sait déjà. On ne dit pas non à un marché comme la Chine.

Autrement dit, Pyeongchang et Québec, mêmes raisons et même résultat : pas assez gros, pas assez payant.