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L’état de la désunion

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Photo AFP Donald Trump

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Donald Trump l’a dit mardi : l’état de l’Union est formidable, phénoménal. Dans son premier discours annuel au Congrès, le président a marqué des points en s’en tenant au script, mais le chaos habituel de sa présidence reprendra bientôt le dessus.

Le discours annuel sur l’état de l’Union est l’occasion pour un président de parler sans filtre au peuple en s’appuyant sur les symboles institutionnels de son pouvoir.

C’est l’occasion de faire bonne impression en livrant un discours qui se veut rassembleur et qui joue à fond sur les émotions.

Pour bien paraître, Trump n’avait qu’à s’en tenir au script. C’est ce qu’il a fait et il en sortira probablement gagnant... pour un temps.

Dans le rétroviseur

On aurait pu s’attendre à un discours résolument tourné vers l’avenir, mais Donald Trump a choisi de mettre l’accent sur ses accomplissements passés.

Il n’était pas à court d’hyperboles. Même si la croissance de l’économie et de l’emploi est largement attribuable aux mesures déjà en place avant son arrivée et à la vigueur générale de l’économie mondiale, il s’en attribue tout le mérite.

Les déréglementations et la réforme fiscale ont effectivement des effets positifs, mais les gains reviendront surtout à une minorité déjà choyée, alors que les coûts iront aux clientèles vulnérables des programmes fédéraux et aux générations futures qui écoperont de l’énorme déficit.

Des plans flous

Le seul fil conducteur qui lie toutes les mesures qu’il s’est vanté d’avoir implantées est qu’elles visent à effacer toute trace du passage de son prédécesseur.

Trump demeure toutefois vague sur ses plans pour l’avenir. Il fait miroiter un énorme programme d’infrastructures, mais à l’image de ses projets immobiliers où Trump engageait toujours un minimum de ses propres fonds, il compte d’abord sur les États et sur le secteur privé pour ramasser la facture.

En santé, il promet encore la lune, mais il n’offre toujours rien pour reconstruire sur les ruines des réformes d’Obama qu’il a complètement sabordées.

En matière d’ententes internationales sur le commerce ou la sécurité, il continue de proclamer que tout ce qui a été fait dans le passé est pourri, mais il ne dit pas ce qu’il y aura dans les ententes qu’il négociera, outre l’extraordinaire atout qu’elles auront de porter l’étiquette « Trump ».

Effet temporaire

Un discours sur l’état de l’Union donne à un président l’occasion de bien paraître et de gagner quelques points.

Ces effets sont cependant de courte durée et Donald Trump a déjà démontré qu’il ne peut pas garder longtemps le ton unificateur qu’il a feint d’adopter mardi. On sera donc bientôt rattrapés par le chaos, les écarts de conduite et les appels à la division qui caractérisent sa présidence depuis le début.

Dans son discours, Donald Trump parlait d’une résurgence d’optimisme aux États-Unis. Il oublie toutefois qu’en cette année d’élection de mi-mandat, l’optimisme est d’abord dans les rangs démocrates, et ce discours fera peu pour ébranler cet optimisme.