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Des étudiants dénoncent la démarche de Concordia

L’université fait face à des allégations d’inconduite sexuelle de professeurs

Étudiants Concordia violence sexuelle
Photo Dominique Scali Les étudiants n’ont pas suffisamment de voix au chapitre dans le processus de révision des politiques de l’université en matière de violence sexuelle, dénoncent la représentante Leyla Sutherland (à gauche) et l’ancienne étudiante Sophia Sahrane (à droite). 

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Le climat de méfiance à l’université Concordia est tel que certains étudiants pourraient ne pas collaborer à l’enquête que met en place la direction sur les allégations d’inconduite sexuelle de certains professeurs.

« Ces allégations étaient connues depuis des années. Il y a eu de la dissimulation intentionnelle [de la part de l’université] », a déclaré Sophia Sahrane, coordonnatrice à la recherche de l’Association pour la voix étudiante au Québec, en conférence de presse hier.

Concordia est dans la tourmente depuis la publication il y a trois semaines d’allégations sur un blogue rapportant que des professeurs du programme d’écriture créative auraient entretenu des relations sexuelles avec des étudiantes et abusé de leur autorité.

Le recteur avait annoncé l’ouverture d’une enquête au sein du programme. Mais Debby Gemme, présidente de l’association des étudiants du département d’études anglaises, ne serait pas étonnée que des étudiants refusent de participer à cette enquête.

<b>Debby Gemme</b><br /><i>Association d'étudiants</i>
Photo Dominique Scali
Debby Gemme
Association d'étudiants

« Ce serait compréhensible puisque ces inconduites ont eu lieu pendant des années et continuent de se produire [...]. J’ai moi-même été avertie d’éviter certains cours [en raison de la mauvaise réputation du professeur]. »

Des étudiants exclus

L’université est aussi critiquée pour sa façon de mettre sur pied un comité de travail qui aura pour mission de consulter les étudiants et de revoir les politiques en matière de violence sexuelle.

Dans un courriel envoyé à la communauté la semaine dernière, la direction invite les étudiants qui « ont un bon niveau académique » à poser leur candidature.

Ce critère de sélection bloque la voie aux victimes dont la performance académique aurait justement été affectée par les inconduites sexuelles de professeurs, dénonce le syndicat des étudiants de premier cycle.

Illégal ou pas ?

De plus, l’université n’a pas à choisir elle-même les étudiants qui y siégeront puisque cela contrevient à la loi qui encadre les associations étudiantes, dénonce la représentante Leyla Sutherland.

De son côté, l’université répond avoir fait ce choix pour que le groupe de travail soit « ouvert, robuste et inclusif », indique la porte-parole Mary-Jo Barr par courriel.

Ce comité étant « spécial », il n’est pas assujetti à la loi qui encadre les associations étudiantes, dit-elle.

La formation de ce groupe permettra aussi de se conformer au projet de loi visant à combattre les violences sexuelles sur les campus, déposé cet automne par la ministre Hélène David. Cette dernière a préféré ne pas commenter.