/news/education
Navigation

Examen de quatrième secondaire: taux d’échec 4 fois plus élevé en math

Bloc école
Photo d’archives, Simon Clark L’épreuve ministérielle de mathématique s’était attirée des critiques l’an dernier, son niveau de difficulté ayant « déstabilisé » de nombreux profs et élèves.

Coup d'oeil sur cet article

Les élèves ont été beaucoup plus nombreux à échouer aux examens de mathématique en juin 2017 que l’année précédente, a appris Le Journal. Pour l’une de ces épreuves, le taux d’échec serait même quatre fois plus élevé dans le réseau public.

Le ministère de l’Éducation n’a pas encore dévoilé les résultats des élèves aux examens ministériels de juin 2017, mais des chiffres circulent depuis déjà un bon moment dans des commissions scolaires.

Selon les chiffres obtenus par Le Journal, le taux de réussite à l’épreuve de mathématique de la séquence Sciences naturelles de quatrième secondaire est passé de 93,7 % à 71,1 % en un an dans le réseau public. Autrement dit, 6,3 % des élèves ont échoué à l’examen en juin 2016, comparé à 28,9 % l’an dernier.

Les taux de réussite sont aussi à la baisse pour les deux autres cours de mathématique, intitulés Technico-Sciences et Culture, Société et Technique (voir encadré).

Pas de commentaires

Le ministère de l’Éducation a refusé de commenter ces chiffres, puisqu’il s’agit de « données opérationnelles » qui pourraient être différentes des « statistiques officielles » qui seront éventuellement rendues publiques, indique-t-on.

Dans certaines commissions scolaires, le nombre d’inscriptions aux examens de reprise de mathématique de la séquence Sciences naturelles a aussi grimpé en flèche l’été dernier. Dans la région de Québec, il est passé de 16 à 63 élèves aux Découvreurs, alors qu’aux Navigateurs, sur la Rive-Sud, le nombre d’élèves inscrits est passé de 4 à 53, de 2016 à 2017.

Un examen déstabilisant

Cette épreuve ministérielle s’était attirée des critiques l’an dernier, son niveau de difficulté ayant « déstabilisé » de nombreux profs et élèves, selon le Groupe des responsables en mathématique du secondaire (GRMS), qui regroupe environ 400 enseignants.

Le niveau de difficulté de l’épreuve avait été jugé si préoccupant que le GRMS avait lancé un sondage auprès de ses membres pour recueillir leurs commentaires à ce sujet.

Son président, Guy Gervais, n’est donc pas étonné par ces résultats. Il rappelle que la durée de l’épreuve était particulièrement problématique. « Plusieurs élèves n’avaient pas eu le temps de compléter l’examen », souligne-t-il.

Ce dernier est toutefois plus surpris de constater qu’il semble aussi y avoir une baisse du taux de réussite dans les deux autres séquences de mathématique. Il est alors difficile de dire s’il s’agit d’une cohorte d’élèves plus faibles ou si le niveau de difficulté des examens a aussi pesé dans la balance.

« Je serais davantage préoccupé s’il s’agissait d’une tendance à la baisse qui s’observe depuis plusieurs années », affirme-t-il.

Pas la faute aux élèves

Les élèves qui ont échoué dans une plus grande proportion à l’épreuve ministérielle de mathématique ne sont pas plus faibles que les années précédentes, affirme une experte.

Mélanie Tremblay, professeure en didactique des mathématiques à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), analyse les épreuves ministérielles depuis plusieurs années.

Elle estime que le niveau de complexité de l’épreuve explique en partie la baisse des résultats observée en juin 2017.

« Volet enseignant »

Mais selon Mme Tremblay, un autre facteur peut aussi être en cause : le « volet enseignant ».

Contrairement aux années antérieures, l’épreuve de juin 2017 comprenait la résolution d’une situation de conjecture qui est au programme, mais généralement peu enseignée dans les écoles, dit-elle.

« Les enseignants ne font pas beaucoup de situations de conjecture. On sait que dans les épreuves passées, il n’y en avait pas, alors ç’a peut-être lancé comme message aux enseignants qu’ils n’ont plus besoin d’en faire en classe, parce que le ministère ne les évalue plus », explique la professeure de l’UQAR.

Analyse approfondie

En juillet, le ministère de l’Éducation a indiqué qu’une analyse approfondie sera effectuée afin de mieux cerner les difficultés rencontrées par certains élèves.

Taux de réussite aux épreuves ministérielles de mathématique de quatrième secondaire

Mathématique | Séquence Culture, Société et Technique

  • 2016: 81,8%
  • 2017: 73,2%

Mathématique | Séquence Technico-Sciences

  • 2016: 86,6%
  • 2017: 78,3%

Mathématique | Séquence Sciences naturelles

  • 2016: 93,7%
  • 2017: 71,1%

Note : Il s’agit de résultats préliminaires provenant du ministère de l’Éducation, qui ont été transmis au réseau scolaire.