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Les Patriots: l’équipe qu’on aime haïr...

Les Patriots sont conscients que leurs succès les rendent détestables en dehors de leur marché

Les cinq bannières du Super Bowl au Gillette Stadium font des Patriots une cible de choix chez les partisans et joueurs des autres équipes. Le quart-arrière Tom Brady (à gauche), qui s’est entraîné avec ses coéquipiers hier, en est le premier concerné.
Photo AFP Les cinq bannières du Super Bowl au Gillette Stadium font des Patriots une cible de choix chez les partisans et joueurs des autres équipes. Le quart-arrière Tom Brady (à gauche), qui s’est entraîné avec ses coéquipiers hier, en est le premier concerné.

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MINNEAPOLIS | En dehors de la Nouvelle-Angleterre, les 31 autres marchés dans la NFL en sont au stade de l’indigestion chronique à force de voir les Patriots régner. À l’aube du 52e Super Bowl face aux Eagles, les champions en titre ne se cachent pas pour dire que le dédain à leur endroit est bien réel... et que c’est tant mieux comme ça !

Tom Brady
Photo AFP
Tom Brady

 

Le 28 janvier, lors d’un gala de lutte de la WWE à Philadelphie, les fougueux partisans ne se sont pas gênés pour scander des « Fuck Tom Brady ! » bien sentis. Cette semaine, le quart-arrière a profité de l’une de ses séances médiatiques pour tourner le fer dans la plaie.

« C’est correct. Je me détesterais aussi si j’étais à Philadelphie ! », a-t-il lancé, tout sourire.

Et ce n’est certainement pas qu’à Philadelphie que les cinq bagues du Super Bowl et la huitième présence des Patriots au match ultime de la NFL depuis 2001 ont généré de l’envie.

Foi du propriétaire des Patriots, Robert Kraft, les temps ont bien changé depuis qu’il s’est porté acquéreur de cette équipe qui n’allait nulle part, en 1994.

« Je me rappelle qu’au début, on était tellement aimable avec moi. Tout le monde dans cette ligue aime un bon tapis de porte ! Mais dès qu’on a atteint le Super Bowl en 1996, des gens gentils et gracieux ont changé. Tout le monde veut gagner », a-t-il raconté quand de nombreux journalistes autour de lui cherchaient à savoir si l’interminable dynastie de ses Patriots est une bonne chose pour la ligue.

« Je pense que oui... mais il y a 31 villes qui pensent que non », a-t-il résumé.

Un ancien furieux

Il n’y a pas que les Patriots de la cuvée actuelle qui sentent le mépris généralisé à leur égard. Lors d’une rencontre de presse impliquant les analystes du réseau NBC plus tôt cette semaine, l’ancien maraudeur Rodney Harrison a déchiré sa chemise quand un journaliste a soulevé le fait que plusieurs partisans estiment qu’ils sont favorisés par un arbitrage biaisé.

« C’est tellement idiot ! Tout le monde nous déteste, partout où je vais. Je suis très sérieux ! Quand tu es un Patriot, tu deviens l’ennemi de tous parce que tout le monde essaie d’imiter les Patriots, sans succès », a-t-il clamé.

L’ailier défensif Chris Long qui a remporté le Super Bowl l’an dernier avec les Patriots avant de faire le saut avec les Eagles cette saison, a aussi constaté un changement flagrant d’attitude à son endroit lors de son unique saison en Nouvelle-Angleterre.

« Quand une équipe domine pendant aussi longtemps, tout le monde veut la voir tomber. C’est la rançon de la gloire », a-t-il affirmé.

« Lorsque j’ai signé avec les Patriots, plusieurs de mes amis m’ont dit : “Ce n’est pas vrai ! Je n’ai pas envie de prendre pour eux !” Par contre, une fois que tu te retrouves de leur côté, tu réalises à quel point c’est une organisation qui a de la classe et qui fait les choses de la bonne façon. »

La fin d’une dynastie ?

Récemment, un reportage d’ESPN a suscité la controverse en supposant qu’une forme de bisbille entre Robert Kraft, Tom Brady et Bill Belichick pourrait sonner le glas de l’organisation telle qu’on la connaît.

Rodney Harrison a préféré en rire...

« Ils auraient dû écrire une histoire sur ma femme et moi parce qu’il nous arrive de nous disputer. Ces confrontations arrivent dans une relation à long terme. Ces gars ne sont pas tout le temps en accord, mais se respectent et c’est ce qui importe », a-t-il analysé.

Le grand patron, Kraft, n’a pas nié que des dissensions aient pu survenir, mais a préféré aborder le dossier d’un regard poétique.

« Il y a une fissure dans chaque toit, de la tristesse au fond de chaque cœur. Tu ne peux que passer à travers en faisant de ton mieux. Quelqu’un, quelque part, nous fera tomber. J’espère juste que ce ne sera pas dimanche. »