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Des petits hélicoptères affectés par les forts vents

Le pilote pourrait également avoir été surpris par une météo capricieuse

Le pilote de l’hélicoptère qui s’est écrasé jeudi à Drummondville a été coincé dans une bourrasque qui pourrait l’avoir désorienté.
Photo Agence QMI, Kariane Bourassa Le pilote de l’hélicoptère qui s’est écrasé jeudi à Drummondville a été coincé dans une bourrasque qui pourrait l’avoir désorienté.

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Le modèle d’hélicoptère impliqué dans l’écrasement qui a fait trois morts, à Drummondville, jeudi, détient une longue feuille de route en matière d’accidents liés à des pertes de contrôle. 

« Ce sont des aéronefs capricieux face aux vents et aux bourrasques, beaucoup plus que les avions par exemple. Ce n’est pas très gros dans le ciel », mentionne l’expert en aviation Claude Fortin du Groupe Fortas.

Le pilote Jean-Claude Mailhot et ses passagères, sa fille Janie et son amie Nathalie Desrosiers, ont péri lors de l’écrasement.

<b>Claude Fortin</b></br>
<i>Expert, Groupe Fortas</i>
Photo tirée de Twitter
Claude Fortin
Expert, Groupe Fortas

400 incidents

Depuis 2010, le Robinson R44 a été impliqué dans plus de 400 incidents un peu partout dans le monde, selon les données de l’Aviation Safety Network, causant 48 décès.

Au Canada, depuis 20 ans, une trentaine d’accidents ont mené à des enquêtes du Bureau de la sécurité des Transports (BST) et ont fait 27 morts. Selon l’organisme fédéral, la majorité des accidents survenus avec le Robinson R44 sont attribuables à des pertes de contrôle plutôt qu’à des ennuis mécaniques.

Conditions difficiles

Si les statistiques peuvent paraître élevées, elles sont similaires à celles d’autres appareils de même taille. 

« Les pilotes [de petits hélicoptères] disent souvent qu’ils sont de deux types : ceux qui ont crashé et ceux qui n’ont pas encore crashé... », ajoute M. Fortin.

Même si l’homme qui était aux commandes était habilité à voler aux instruments dans la noirceur, les conditions météorologiques étaient extrêmement difficiles au moment de l’écrasement.

D’après le météorologue Gilles Brien, une importante bourrasque de neige est passée au même moment dans le secteur. Poussée par un front froid, elle se déplaçait à près de 50 km/h.

« La visibilité était de moins d’un demi-mile (400 m) selon les relevés radar, explique-t-il. Il y a eu une réduction intense et rapide. »

Ce qui a certainement nui à l’orientation du pilote. 

Peu de repères

« Il faut toujours maintenir un repère visuel au sol. À l’endroit de l’accident, au-dessus d’un champ, dans la neige et dans le noir, il y en a très peu », note pour sa part Claude Fortin.

Partis de la Beauce à 20 h 30, ils étaient à quelques minutes de vol de leur destination finale à Saint-Félix-de-Valois, dans Lanaudière.

Près de Victoriaville, quelques témoins ont rapporté avoir aperçu un hélicoptère circuler à basse altitude peu avant l’accident survenu dans le secteur Saint-Joachim-de-Courval, à Drummondville.

« Peut-être que le pilote pensait pouvoir arriver avant la masse d’air quand il a consulté son rapport météo. Peut-être qu’il est descendu pour retrouver ses repères, s’interroge l’expert. La nuit, tu ne veux pas voler dans l’inconnu. »