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La Colombie de la confrontation

Ils ont fait un petit sourire pour ma photo, mais ces policiers semblaient presque s’ennuyer… même si des gens montés sur la colline nous lançaient des cailloux ! Voilà pourquoi l’un d’eux regarde en haut.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ils ont fait un petit sourire pour ma photo, mais ces policiers semblaient presque s’ennuyer… même si des gens montés sur la colline nous lançaient des cailloux ! Voilà pourquoi l’un d’eux regarde en haut.

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En France, quiconque voyage tombe presque forcément sur une manifestation syndicale ou se retrouve confronté à une grève. Ça fait partie de l’exotisme.

Eh bien, en Colombie, cette tradition a aussi ses lettres de noblesse : les manifestations, le blocage de rue, le lançage de pierres font partie des mœurs. Sans surprise, donc, je me suis retrouvé coincé sur une route lors de mon trajet vers Medellín.

Ceci n’est pas un chantier comme à Montréal, mais un barrage qui contrôle le passage des gens et des véhicules pour les préserver des cailloux lancés par des manifestants masqués.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Ceci n’est pas un chantier comme à Montréal, mais un barrage qui contrôle le passage des gens et des véhicules pour les préserver des cailloux lancés par des manifestants masqués.

Pendant une heure et demie d’attente, quoi faire ? Parler aux policiers (qui ne veulent rien dire), aux gens eux aussi pris (qui n’en savent pas davantage)... Impossible sur place de savoir ce qui se passe : j’ai dû acheter le journal El Tiempo le lendemain pour apprendre que des Amérindiens bloquaient la route panaméricaine pour protester contre le fait que celle-ci passe sur un territoire leur appartenant... Ça vous rappelle le Québec ?

Le camion antiémeute, impressionnant, n’a pas servi.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le camion antiémeute, impressionnant, n’a pas servi.

L’équipement policier de la Colombie m’a impressionné. Il faut dire que tenir tête aux narcotrafiquants exige du bon matériel ! Même quand des cailloux lancés du haut d’une colline pleuvaient sur les policiers, ceux-ci restaient calmes comme des princes. Ils semblaient légèrement s’ennuyer. Un camion antiémeute à lance-eau a fini par arriver. Il y avait aussi un véhicule de la brigade anti-explosive. Des dizaines de policiers à moto. Et ça semblait pour tout ce beau monde une situation routinière.

Je n’étais pas très rassuré de voir les « désamorceurs » de bombe se pointer. En 75 ans de vie au Québec, je n’ai jamais vu un tel véhicule. En Colombie, la situation est différente.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Je n’étais pas très rassuré de voir les « désamorceurs » de bombe se pointer. En 75 ans de vie au Québec, je n’ai jamais vu un tel véhicule. En Colombie, la situation est différente.

Dans la même région, fortement aurifère, on m’a confié l’existence d’une industrie interlope inusitée. Le long des berges, des chercheurs d’or clandestins s’installent, parfois sous terre, dans des tranchées pour ne pas être visibles, et ils s’activent avec leur tamis. Ça doit être payant ! Les policiers ont beau les chasser à répétition, ils reviennent... Bien sûr, ils sont armés. Ils œuvrent surtout la nuit. Voilà une forme de travail au noir introuvable par chez nous ! Vous comprendrez qu’en Colombie, le tourisme n’est pas l’industrie principale.