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Mots durs, idées molles

Nos partis politiques ont présenté peu de solutions au problème d’épuisement de nos infirmières.
Photo d'archives Nos partis politiques ont présenté peu de solutions au problème d’épuisement de nos infirmières.

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Nous venons de vivre une semaine éclairante à propos de nos partis politiques. Année électorale oblige, ils se sont livré une guerre très dure sur la place publique et sur les réseaux sociaux. Des insultes, des attaques féroces, on s’accuse d’être amateur, incompétent, vire-capot. Nous sommes encore à quelques mois de l’élection et les excès de langage font déjà partie du quotidien.

Cependant, la grosse discussion de société qui a animé le Québec toute la semaine a été le sort de nos infirmières. Et qu’avaient à dire de pertinent nos partis politiques si agressifs là-dessus ? Pas grand-chose.

Pensons-y : le phénomène a de quoi surprendre. Des partis politiques qui sont dans une vaste opération pour se faire valoir évitent de sauter dans la mêlée alors que se discute un sujet hautement sensible comme le travail des infirmières. Un enjeu qui touche toute la population. Un enjeu complexe qui traîne depuis longtemps et où un parti pourrait se démarquer par la qualité de ses propositions.

Malaise au gouvernement

Un vrai débat sur l’avenir de la profession infirmière n’a pas eu lieu entre les partis. Évidemment, le gouvernement a été interpellé parce qu’il est le gouvernement. Le ministre de la Santé a géré la chose comme une autre crise dans son difficile ministère. Le premier ministre s’en est tenu à des messages d’ouverture allant même jusqu’à demander aux infirmières de soumettre leurs solutions.

Le gouvernement libéral traîne un problème. Le public considère qu’ils ont donné énormément aux médecins. Les bonis pour être à l’heure et les « primes jaquette » ont laissé une trace. Comment dire maintenant aux infirmières que ce même gouvernement n’a rien pour elles ?

Et l’opposition ?

Le Parti québécois a eu la brillante idée d’envoyer sa nouvelle star, la « vice-chef » Véronique Hivon, rencontrer Émilie Ricard, cette jeune infirmière dont la vidéo diffusée sur Facebook a secoué tout le Québec. Bon coup qui démontre de la sensibilité et de l’intérêt. Cependant, les solutions du PQ se démarquent peu de ce que nous avons connu en santé ces dernières années.

La CAQ, de son côté, s’est tenue assez loin du dossier comme elle se tient loin de bien des controverses. En avance dans les sondages, la CAQ évite de se mettre le nez dans le trafic, sachant que ses adversaires se feront un sport d’attaquer chacune de ses phrases. À la longue, il y a néanmoins un risque à ne pas présenter de solutions de rechange sur les problèmes de l’heure lorsqu’on se présente comme la solution de rechange pour le Québec.

Au fond, nos partis n’ont pas tant d’idées originales à présenter parce que leurs approches dans un domaine comme la santé se situent dans le même corridor idéologique. Ils ont chacun quelques suggestions valables, mais personne n’ose sortir des sentiers battus.

Pourtant, nous avons un système de santé qui nous coûte très cher tout en générant des temps d’attente parmi les pires du monde. Et qui brûle les infirmières.