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Les boissons Four Loko toujours sur le marché

Les produits interdits ne seraient pas tous détruits

FOUR LOKO
Photo Matthieu Charest Les canettes de Four Loko devaient disparaître des tablettes à la mi-janvier.

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Un mois et demi après l’ordonnance de retirer des tablettes les boissons alcoolisées Four Loko, la Régie des alcools, des courses et des jeux avoue que toutes les caisses de ces produits ne sont pas hors du marché et détruites.

« C’est un dossier difficile », reconnaît la porte-parole de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), Me Joyce Tremblay, qui n’a pas nié que la Régie a pensé recourir à la Société des alcools du Québec pour mettre la main sur la marchandise.

Le 12 décembre, la Régie avait donné un délai de 30 jours au fabricant, la Cidrerie Solar de Terrebonne, pour éliminer toute sa gamme de boissons alcoolisées Four Loko, Mojo, Octane, Seagram aux fruits, très prisées par les jeunes.

Des analyses ont confirmé que la forte teneur d’alcool dans ces produits, soit 11,9 %, ne provient pas de la fermentation du malt, mais d’un ajout d’alcool éthylique.

Des cas d’ados hospitalisés après avoir bu le contenu d’une seule ou deux canettes de cette boisson ont été médiatisés.

La faillite de 40 millions $ de l’embouteilleur Solar (voir tableau ci-bas) au lendemain du retrait des produits expliquerait le retard de près d’un mois dans le respect de l’ordonnance.

« Les inspecteurs de la RACJ ont effectué près de 500 inspections à ce jour afin de s’assurer qu’il n’y avait plus de vente de produits fabriqués par Solar », insiste Me Tremblay se voulant rassurante.

Des milliers de caisses de la gamme de produits Four Loko (la RACJ ne peut dire combien) s’empilent toujours dans les entrepôts de détaillants, supermarchés ou dépanneurs à travers le Québec.

« Est-ce que 100 % des produits ont été retirés ? Non. Est-ce que la majorité des produits ont été retirés ? Oui », confirme le DG adjoint de l’association des détaillants en alimentation, Pierre-Alexandre Blouin.

Saisie

Il y a une semaine, la police de Montréal a saisi des caisses de canettes dans un entrepôt de la rue Notre-Dame et des accusations d’entreposage illégal de boissons alcoolisées devraient être portées contre le propriétaire.

Lors d’une audience tenue mercredi dernier, la Régie a accordé une autorisation temporaire à une compagnie à numéro représentée par Michel Bezeau, à qui revient maintenant l’obligation de récupérer et détruire les boissons interdites.

M. Bezeau est directeur des opérations chez Soremag, une entreprise de Laval qui fabrique des pièces de caoutchouc. Le Journal n’a pu entrer en contact avec lui.

 

Argent public englouti dans la faillite de Cidrerie Solar

Créanciers non garantis

Revenu Québec 30 125 841 $
Revenu Canada 389 785,17 $
Banque de Développement du Canada 1 328 080 $
Développement économique Canada 1 123 345 $
Centre local de développement économique des Moulins 81 074 $
Hydro-Québec 12 472,72 $
Recyc-Québec 308 825 $
TOTAL 33 369 422,89 $

*Source : Syndic Raymond Chabot