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Il lance une alerte à la bombe le jour prévu de son examen

Il dénonçait les musulmans dans la lettre, alors qu’il pratique lui-même cette religion

GEN - HISHAM SAADI
Photo martin alarie Hisham Saadi a plaidé non coupable, lundi, aux accusations portées contre lui, même s’il a admis avoir lui-même rédigé et envoyé des lettres faisant croire qu’il allait faire exploser de petits explosifs à l’Université Concordia, le jour où il avait un examen.

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Un étudiant de Concordia admet avoir lancé une fausse alerte à la bombe le jour où il avait un examen de microéconomie, mais il assure qu’il avait suffisamment étudié pour le passer.

« Il fallait que je révise le matin, oui j’étais prêt », a lancé Hisham Saadi à un enquêteur, la nuit de son arrestation.

Saadi, 48 ans, est accusé d’avoir fait craindre à des activités terroristes, de méfait et de menaces, relativement à une missive envoyée aux médias le 1er mars 2017. Son procès a commencé lundi, au palais de justice de Montréal.

« On va faire EXPLOSER quotidiennement de petits engins artisanaux amateurs [...] où les musulmans passent leur temps », indiquait la lettre signée au nom du Council of conservative citizens of Canada, que Saadi a admis avoir écrite.

La lettre à forte connotation raciste se plaignait des musulmans et de leurs espaces de prière à Concordia, et promettait « juste des blessures pour quelques musulmans », alors que Saadi lui-même pratique cette religion.

Examen annulé

La police avait vite évacué plusieurs pavillons tout en recherchant de potentiels explosifs. Des maîtres-chiens avaient été déployés, tout comme les équipes spécialisées de la police de Montréal.

L’examen de Saadi en début d’après-midi a été annulé, et l’accusé a pu rentrer chez lui.

Selon l’analyse de son ordinateur, il aurait cherché sur internet des façons de se débarrasser d’empreintes digitales et sur la possibilité d’être tracé en ligne.

Les enquêteurs ont toutefois retracé Saadi. Comme la missive mentionnait des explosifs, l’immeuble de Côte-des-Neiges où il habitait a été évacué et Saadi a été arrêté en sous-vêtements.

Il n’a même pas pu s’habiller avant d’être emmené au poste, et c’est donc vêtu d’une combinaison beaucoup trop petite pour lui qu’il a commencé à être interrogé.

« C’est scandaleux », a-t-il dit poliment en pointant sa bedaine et ses sous-vêtements bien visibles devant la caméra.

Affirmant n’avoir « rien à cacher », il a alors expliqué qu’il est musulman, mais qu’il a une vision « libérale » de la religion. Il n’est pas pratiquant, mais il n’a rien contre les étudiants qui prient à Concordia. Par contre, il est fondamentalement contre le groupe armé État islamique qu’il considère comme « une bande de voyous ».

Contre tout l’ÉI

« Je suis contre tout ce qu’ils font », dit-il.

Au fil de la conversation avec l’enquêteur, il dit avoir été seul aux moments où les lettres ont été écrites et envoyées.

La vidéo de l’interrogatoire se poursuit mardi. Une fois qu’elle aura été visionnée au complet, la juge Mélanie Hébert devra décider si elle est admissible en preuve.

La défense n’a pas encore annoncé si elle présentera une preuve.