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Boulevard Crémazie: des citoyens veulent du changement

Boulevard Crémazie: des citoyens veulent du changement
NADIA LEMIEUX/24 HEURES/AGENCE QMI

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Des citoyens de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension veulent convaincre la Ville de sécuriser le boulevard Crémazie, où de nombreux piétons et cyclistes se sentent menacés.

Véronique Legault habite près de la station de métro Crémazie depuis novembre 2016. «Dès la première journée, on a remarqué le danger», se rappelle-t-elle. Son constat: les automobilistes circulent au-dessus de la limite permise, tournent à droite même lorsque la lumière est réservée aux piétons et ignorent souvent les feux rouges.

«Tantôt en traversant la rue, il a fallu qu’on empiète sur l’espace où les automobilistes circulent parce que de l’eau tombait [du viaduc]. C’était dangereux pour nous, mais ça ne nous tentait pas d’avoir de l’eau sale sur la tête!»

Maria Flores, qui fréquente une église près de cette artère qui sert de voie de service à l’autoroute Métropolitaine, dénonce aussi le manque de cohabitation entre les usagers de la route. «Les automobilistes ont tendance à ne pas nous laisser le temps qu’on a pour la traversée», dit-elle en ajoutant que les lumières pour les piétons ne sont pas suffisamment longues.

Association citoyenne

Il y a près de 10 ans, Notre-Dame-de-Grâce et Westmount se dotaient d’associations citoyennes de piétons et cyclistes (APC). Récemment, des citoyens d’autres arrondissements leur ont emboité le pas.

La dernière en date est l’APC de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, dont les adhérents se sont rencontrés pour la première fois lundi soir.

«On veut prendre connaissance des enjeux et problématiques, faire un état des lieux, savoir comment on a envie d’agir et de se mobiliser pour améliorer chacun des petits dossiers», explique Julien Puget, l’un des trois cofondateurs de l’APC.

Le médecin-conseil à la Direction régionale de la santé publique, Patrick Morency, est d’avis qu’une association citoyenne est l’un des meilleurs outils pour améliorer la sécurité routière, puisque personne ne connait mieux le quartier que ceux qui y vivent.

Artère principale

Julien Puget mentionne que l’APC s’attaquera d’abord aux situations «les plus urgentes». La sécurisation du boulevard Crémazie, en collaboration avec les agents publics, est l’une d’entre elles.

«On est réalistes, on connait la complexité du jeu administratif pour ce genre d’axe-là qui relève de plusieurs autorités, admet M. Puget. L’idée c’est de pouvoir, sous une même bannière, faire remonter ces problématiques au pouvoir public pour qu’il puisse les prioriser.»

Patrick Morency croit que «la sécurité et la mobilité des résidents du quartier ne devraient pas être sacrifiées pour faire passer les automobiles plus vite». «Au cours du 20e siècle, ajoute-t-il, la ville s’est développée en priorisant les automobiles et c’est assez évident à Crémazie.»

Selon lui, un «énorme rattrapage est à faire» pour améliorer la sécurité de tous les utilisateurs de la route.