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Un psychologue veut mettre fin aux procédures contre lui

Le psychologue a plaidé coupable deux fois à des infractions d’inconduite sexuelle

Richard Lachance
Photo Chantal Poirier À son arrivée lundi au Conseil de discipline de l’Ordre des psychologues, Richard Lachance a tenté d’éviter d’être pris en photo.

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Un psychologue qui a plaidé coupable deux fois à des infractions d’inconduite sexuelle veut qu’on mette fin aux procédures de radiation contre lui parce qu’il estime avoir été trompé par ses avocats.

« Je voulais acheter la paix, même si je savais que je n’étais pas coupable, j’étais prêt à vivre avec [un plaidoyer de culpabilité] », a plaidé lundi Richard Lachance, devant le Conseil de discipline de l’Ordre des psychologues.

L’homme de Québec, qui est accusé d’inconduite sexuelle, de conflits d’intérêts et de bris de confidentialité, a pourtant plaidé coupable à tous ces chefs à deux reprises devant le même conseil en 2016 et en 2017.

Cependant, il a vite déchanté en juin dernier quand son avocat l’a informé qu’il s’exposait à une radiation de cinq ans. Le gouvernement provincial venait alors de durcir la loi pour dissuader les professionnels de commettre ces actes. Avant, les fautifs pouvaient s’en tirer avec trois mois.

Richard Lachance
Photo tirée de Facebook

« Tape sur les doigts »

« Je me présentais ici [pensant avoir] tout au plus une tape sur les doigts », a candidement avoué le psychologue. « Est-ce que vous pensez que j’aurais plaidé coupable [si j’avais su que je risquais cinq ans de radiation] ? Jamais ! », a-t-il clamé.

L’homme de 65 ans a dit qu’il ne pouvait pas se permettre de ne plus travailler pendant cinq ans. Il prétend avoir dépensé 50 000 $ en avocats depuis quatre ans.

Richard Lachance a fait affaire avec quatre avocats, qui l’auraient mal conseillé.

« On n’a jamais discuté des chefs d’infraction [avec moi], on ne m’a jamais proposé une défense d’aucune façon », a-t-il dit. M. Lachance souligne qu’il a d’ailleurs porté plainte au Barreau du Québec contre l’un de ses avocats.

Il assure pourtant qu’il a une « excellente défense », mais qu’il a été pris par surprise les deux fois qu’il s’est présenté devant le Conseil de discipline.

Aujourd’hui sa conjointe

La patiente avec qui le psychologue aurait entretenu une liaison intime est aujourd’hui la conjointe du professionnel. Elle a témoigné en sa faveur lundi. La femme, dont l’identité est protégée, s’est dite « anéantie » et « sidérée » quand M. Lachance a plaidé coupable.

Après avoir plaidé coupable en 2016, le psychologue était retourné devant le Conseil de discipline pour retirer son plaidoyer près d’un an plus tard.

Mais quand la syndique adjointe de l’Ordre des psychologues a accepté de retirer la mention « gestes abusifs à caractère sexuel » de sa plainte, son nouvel avocat lui a à nouveau suggérer de plaider coupable.

Richard Lachance a répété lundi qu’il ne comprenait pas ce qui se passait.

Pourtant, dans l’enregistrement de cette audience qu’a fait entendre l’avocat de la syndique adjointe, Suzanne Castonguay, on l’entend dire à plusieurs reprises qu’il comprend « parfaitement » ce qu’il plaide et qu’il ne ressent aucune pression.

Me Pascal A. Pelletier a aussi rappelé au Conseil de discipline que le psychologue avait fait l’objet d’une inspection professionnelle, à la suite de la plainte, qui avait relevé plusieurs lacunes sur l’éthique et ses relations avec les clients, exigeant des « corrections majeures ».

« C’est de la foutaise ! », a, quant à lui, rétorqué M. Lachance sur certains des constats de l’inspection.

Les deux parties doivent faire entendre leurs plaidoiries aujourd’hui. Le Conseil de discipline devra ensuite trancher s’il permet l’arrêt des procédures, s’il accepte de retirer le plaidoyer de culpabilité du psychologue ou s’il va de l’avant avec les sanctions à imposer.