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Une véritable chance pour Scherbak

Ce week-end, le Russe a pu laisser parler sa créativité

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Photo agence qmi, joël lemay Le Canadien a donné une vraie chance de se faire valoir à Nikita Scherbak, en fin de semaine, en le faisant jouer avec Alex Galchenyuk et Jonathan Drouin.

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Trop souvent le Canadien a fait miroiter aux jeunes joueurs prometteurs de l’organisation l’espoir d’obtenir une chance de se faire valoir. Une occasion qui, la plupart du temps, se résumait à quelques présences sur le quatrième trio. Pour les Michael McCarron de ce monde, c’est un traitement tout indiqué. Cependant, pour les joueurs offensifs, l’effet est plutôt celui d’un éteignoir.

Or, il semble que le Canadien ait décidé d’offrir une réelle audition à Nikita Scherbak. Au cours du week-end, Claude Julien l’a placé à la droite d’Alex Galchenyuk et de Jonathan Drouin.

Il lui a également donné de précieuses minutes sur la deuxième vague de l’attaque massive. Un temps de glace que le Russe s’est empressé de faire fructifier en se faisant complice de deux buts.

« Drou et Chucky possèdent des habiletés sensationnelles. C’est certain que ça m’aide. C’est facile de jouer avec eux. Ça me permet d’être créatif offensivement », a lancé Scherbak.

Profitant de l’occasion, l’athlète de 22 ans a poursuivi sur la lancée amorcée avec le Rocket de Laval. Scherbak a récolté au moins un point à chacun des sept derniers matchs qu’il a disputés avant de recevoir le coup de fil de Marc Bergevin.

Le moment parfait

Troisième pointeur de son équipe, le Russe a récolté 30 points, dont sept buts, en 24 rencontres, cette saison, dans la Ligue américaine. À trois occasions seulement, il a été blanchi de la feuille de pointage.

D’ailleurs, avec les succès qu’il connaissait à Laval, c’est à se demander si Bergevin n’aurait pas dû lui lancer une invitation plus tôt.

« On l’a rappelé en début de saison [pour deux matchs en octobre], mais il s’est blessé [il a dû subir une opération au genou droit qui lui a fait rater six semaines d’activité], a tenu à rappeler l’entraîneur du Canadien. Pour donner une chance à un jeune, il faut lui permettre de jouer beaucoup et de retrouver son synchronisme. Si on l’avait ramené plus tôt, on n’aurait peut-être pas vu le même Scherbak que celui que l’on voit aujourd’hui. On n’aurait pas fait la même évaluation. »

Une affirmation avec laquelle le principal intéressé était en accord.

« Avec le Rocket, on m’a utilisé dans toutes les situations. On m’a donné beaucoup de temps de glace. Je crois que ça m’a aidé énormément pour ce qui est de la confiance. »

Beaucoup mieux qu’au camp

L’échantillon de deux matchs est un peu mince. Cependant, le choix de premier tour du Canadien en 2014 démontre effectivement beaucoup plus d’assurance que lors de ses deux premiers séjours avec le Tricolore.

Sans compter qu’il s’était montré quelque peu décevant lors du dernier camp d’entraînement.

« Je démontre de plus belles choses que ce que j’ai fait au camp, a-t-il reconnu. Et comme je l’ai dit plus tôt, mon début de saison dans la Ligue américaine m’a donné confiance. Je ne crains plus de m’impliquer dans des situations plus corsées. »

On connaissait ses habiletés, mais au cours des deux rencontres du week-end, il a démontré une belle implication physique et de l’acharnement au travail. Il a affiché un peu plus de puissance que le frêle garçon débarqué de St. John’s en janvier 2017.

Contre les Sénateurs, il a même dominé la colonne des tireurs de l’équipe avec cinq lancers sur Mike Condon. Il a été le quatrième attaquant le plus utilisé par Julien avec un temps de jeu de 15 min 38 s. « Son jeu s’est grandement amélioré depuis l’an passé. Il est maintenant plus expérimenté, donc il cherche moins à trop en faire, a noté Brendan Gallagher. En plus, physiquement, il a pris de la maturité. Avec les mains qu’il a, son physique pourrait s’avérer un très bel outil. »

Illusion éphémère

Le week-end du Super Bowl a donné lieu à deux jours de réjouissance, en vertu d’autant de victoires, dans le vestiaire du Canadien. Deux gains qui l’ont rapproché momentanément à sept points d’une place en séries éliminatoires.

L’organisation ne doit pas se laisser hypnotiser par l’illusion de cette proximité. Car elle risque d’être éphémère.

Cinq des six prochaines joutes du Tricolore seront disputées sur des patinoires adverses. Deux à Philadelphie, où il n’a remporté qu’une seule des 14 confrontations face aux Flyers depuis les séries de 2010 et trois sur des patinoires de l’Association de l’Ouest sur lesquelles il a savouré quatre gains en 12 matchs cette saison (6 sur 14 l’an dernier, mais aucun en temps réglementaire).

Voilà qui devrait ramener le Canadien à la réalité et prouver ce que Scherbak a réellement dans le ventre.