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Votre conjoint vous est-il financièrement infidèle ?

Businessman carrying debt burden
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Votre conjoint est-il totalement transparent financièrement avec vous ? Pensez-y à deux fois, car selon un récent sondage, 36 % des Canadiens auraient déjà été victimes d’une « infidélité financière » de la part de leur partenaire.

Selon cette enquête, dans 14 % des cas, le conjoint aurait utilisé la carte de crédit — celle du couple ou la sienne — sans le mentionner à l’autre, ou ne contribuerait pas suffisamment aux dépenses du ménage compte tenu de ses ressources financières (13 %). Il peut aussi avoir menti sur ses revenus (8 %), ou même avoir effectué un achat important sans en informer l’autre (7 %), révèle cette enquête réalisée début janvier auprès de 1550 Canadiens par la firme Léger, pour le compte de Credit Canada et du Financial Planning Standards Council (FPSC).

Faillite et mensonge

Dans 6 % des cas, le conjoint est parti sans laisser d’adresse après avoir vidé le compte familial et 4 % des répondants ont mentionné que leur conjoint a fait faillite alors même qu’ils ignoraient jusque-là les difficultés financières de leur partenaire.

Inversement, 36 % des personnes sondées ont confié avoir déjà menti à leur conjoint sur une question d’argent et 34 % avouent avoir encore des secrets à ce sujet avec leur conjoint actuel. « J’ai déjà parlé à des femmes qui cachaient leurs achats de vêtements à leur mari. Elles les plaçaient dans une malle et sortaient un morceau de temps en temps pour qu’il ne se rende compte de rien... », illustre Kelley Keehn du FPSC, qui ajoute qu’un homme a déjà entreposé sa nouvelle moto dans le garage d’un ami pour ne pas que sa femme soit au courant de cette acquisition.

« J’ai eu l’occasion d’être témoin de cas plus graves, notamment un mari qui a englouti tous les avoirs de la famille — maison, placements pour la retraite, etc. — à l’insu de sa femme, à cause de sa dépendance au jeu », mentionne pour sa part Laurie Campbell, de Credit Canada.

Un sujet tabou

Qu’est-ce qui explique ce manque de transparence ? Tout d’abord, le stress relié aux questions d’argent est très élevé. Ainsi, le taux d’endettement des Canadiens atteint des records, alors que pour chaque dollar gagné, on en doit 1,71 $. « La plupart des gens ne parlent pas d’argent lorsqu’ils s’engagent dans une relation parce que c’est un sujet tabou. Résultat : on se retrouve en couple avec une personne dont on ne connaît ni la situation financière ni sa façon de gérer l’argent, ce qui ouvre la porte à toutes sortes de problèmes de communication et même de secrets », indique Laurie Campbell.

Il est pourtant crucial de faire le point sur cette question, ne serait-ce que pour s’assurer que notre conjoint partage la même vision que nous sur des points aussi essentiels que l’épargne, la retraite, l’endettement, etc. « Il est impératif de savoir quelles sont les attentes de l’autre pour déterminer si nos styles de vie sont compatibles », dit Laurie Campbell.

Conseils

  • Il est difficile de parler d’argent avec un nouveau conjoint, mais on devrait aborder la question de front dès que l’engagement devient plus sérieux, notamment lorsque l’on commence à vivre ensemble.
  • Pour faciliter la discussion, posez des questions ouvertes comme : qu’est-ce que l’argent signifie pour toi, quels sont tes buts financiers pour les cinq ou 10 prochaines années, épargner fait-il partie de tes projets, etc.
  • Une discussion franche et ouverte permettra de savoir si l’on a les mêmes buts et objectifs financiers que son conjoint, ce qui revêt une importance cruciale lorsque vient le temps de faire des choix de vie importants comme acheter une maison, avoir un enfant, épargner pour la retraite, etc.
  • Même si les visions des conjoints diffèrent, on peut toujours négocier. Par exemple, s’il l’un préfère voyager alors que l’autre veut rembourser l’hypothèque le plus rapidement possible, pourquoi ne pas couper la poire en deux ? On prévoit un voyage moins coûteux et on utilise l’argent économisé pour l’hypothèque.