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La valse du «Dr Bashing»

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Ah ! comme il fait bon de matraquer les médecins, ces êtres ignobles et détestables qui ne pensent qu’à leur compte de banque, sans jamais au grand jamais se soucier, ne serait-ce qu’un seul instant, du sort des patients !

Jadis

Dans le bon vieux temps, un médecin, ça travaillait 120 heures par semaine. Ça marchait dans la neige pour se rendre directement chez les citoyens. Un médecin, ça ne prenait pas de retraite. Ça mourait avec le stéthoscope dans les mains, en écoutant son dernier battement de cœur pour ensuite s’exclamer : « Merde ! on l’a échappé celui-là ». Pas comme ma propre femme, une gynécologue mère de deux jeunes enfants qui ne travaille que 65 heures par semaine en moyenne, avec des gardes de 24 heures au moins une fois par semaine, ou encore les fins de semaine de 48 heures consécutives à l’hôpital. Une vraie lâche, je vous le dis.

J’exagère à peine.

Car oui, les médecins sont devenus les mal-aimés de la société. Exit du haut du palmarès les avocats, huissiers et vendeurs de chars usagés. Les toubibs vous ont délogés. Pourquoi ? Parce que c’est facile pour les politiciens et les syndicats de frapper sur eux. Le malaise légendaire des Québécois pour le succès agit comme un voile opaque qui permet de mettre de côté le jugement, les nuances et le débat raisonné et raisonnable.

Infirmières

Un exemple ? Le travail des infirmières. La prise de conscience effectuée au cours des derniers jours quant à la dure réalité de ces travailleuses acharnées et dévouées était essentielle et pertinente.

Mais au lieu de se questionner sur la lourdeur du système, sur l’omniprésence débilitante des syndicats tentaculaires, on préfère blâmer les médecins. Parce que c’est si simple.

Peut-être que cela nous fait du bien collectivement, mais pendant ce temps, rien ne change. Malheureusement.