/news/transports
Navigation

Mystérieuses «hausses du mardi» du prix de l’essence

CAA-Québec a déjà dénoncé une situation semblable à la Régie de l’énergie

Les Montréalais râlaient mardi au moment de faire le plein de leur véhicule à 1,31$.
Photo Chantal Poirier Les Montréalais râlaient mardi au moment de faire le plein de leur véhicule à 1,31$.

Coup d'oeil sur cet article

Les automobilistes montréalais devront éviter de faire le plein les mardis si les pétrolières continuent à toutes augmenter le prix à la pompe le même jour pour la cinquième fois de suite.

« Ce qui est troublant dans le marché de Montréal, c’est que tout augmente et descend au même rythme dans un marché qui devrait être normalement ultra-compétitif », observe Annie Gauthier, porte-parole de CAA-Québec, qui a déjà dénoncé cette pratique à la Régie de l’énergie.

Depuis l’automne, les pétrolières haussent de 10, 12 ou même 13 ¢ le litre le mardi... et dégonflent ensuite le prix dans la semaine, selon Mme Gauthier. Ces cinq dernières semaines ont été particulièrement frappantes (voir tableau).

Jointes par Le Journal, les pétrolières Ultramar, Petro-Canada, Sonic et même la Régie de l’énergie ont toutes refusé de commenter ces « hausses du mardi ». Un gérant d’une station-service de la Rive-Sud a déclaré qu’il ne faisait que suivre les directives de sa maison mère.

Fini la naïveté

« On a perdu un peu de notre naïveté depuis le cartel du pain. On sait que ça va être le cartel du chou-fleur et après le cartel de la balayeuse », lance à la blague François Delorme, professeur à l’Université de Sherbrooke.

L’ancien économiste en chef à Industrie Canada dit avoir entendu ce type d’histoire là quand il avait sous sa responsabilité le Bureau de la concurrence. Selon lui, il est très difficile d’amasser assez de preuves pour poursuivre les fautifs en cour.

« Les distributeurs entre eux se connaissent. En général, il y a une espèce de leader là-dedans qui en gros s’essaye selon les pratiques du coin », ajoute Jean-Thomas Bernard, professeur à l’Université d’Ottawa et spécialiste de l’énergie.

En janvier, un détaillant dans la région de Montréal a fait une marge de 11,9 ¢ par litre, alors qu’à Québec ses profits se sont limités à 4,1 ¢, selon les données de la Régie de l’énergie. Dans l’ensemble du Québec, l’écart a été de 7 ¢ par litre.

Influencé par la régie ?

La présidente de l’Association des distributeurs d’énergie du Québec (ADEQ), Sonia Marcotte, déclare que ces augmentations sont peut-être influencées par le prix minimum de la Régie de l’énergie qui entre en vigueur le mardi.

« Ça peut avoir une influence, mais ça dépend des périodes, parce qu’on a déjà vu d’autres moments dans la semaine, ce n’est pas toujours le mardi », explique la représentante des 2300 points de service d’énergie et détaillants québécois.

« Pourquoi ça monte ? Est-ce parce qu’il y a eu un typhon en Chine ou que quelqu’un a éternué en Australie ? Toutes les raisons sont bonnes », lance l’économiste François Delorme.