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Que l'État fasse sa juste part...

Que l'État fasse sa juste part...

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C’était un jour pareil aux autres. Un type arrive à mon bureau au beau milieu de la matinée et, après les civilités d’usage, me tend un porte-document cartonné de bonne épaisseur. Il résume paisiblement, enclin au bavardage...

– Merci, je vais lire ça. Je n’abuserai pas de votre temps...

– Ah, vous savez, je suis rendu à la commission scolaire. Personne ne se rendra compte de mon absence...

Je suis resté songeur après son départ. Et n’ai jamais oublié ce salarié en habit trois pièces. Le genre à laisser un veston sur la patère, corps flottant de la hiérarchie, existant à peine mais perdurant sur la liste de paye...

Alors quand les chérubins des commissions scolaires et leurs alliés politiques se ruent aux micros pour déchirer leur chemise de soie, l’amidonné du mercredi me revient à l’esprit.

Il remonte à la surface de mes souvenirs parmi les milles et les cents, épaves du même bois, tenant leur petit rôle dans des anecdotes invariablement similaires.

Il ne faut donc pas m’en vouloir si je suis de glace devant les pleurnicheurs syndicaux et les pleureuses de la social-bureaucratie.

Qu’on veuille aujourd’hui soustraire quelques centaines de millions aux commissions scolaires, je dis : bravo! Et continuons sur cette voie.

Que l'État fasse sa juste part...
Photo d'archives, Marie Christine Trottier

Réduisons les impôts. Réduisons les taxes. Abolissons les tarifs excessifs. Ceux qu’on impose aux malades pour stationner à l’hôpital, au CHSLD ou à des édifices scolaires.

Il est temps de passer en revue les fameuses missions de l’État. Qu’il soit soumis à une commission d’enquête lui aussi. Qu’on sache ce qui s’y passe. Qu'on jete un coup d'œil sur les organigrammes et les processus décisionnels. Vérifions si l'inconhérence sert à la multiplication des emplois.

Personne ne croit que tout est essentiel. Le Québec est petit et tout le monde a un ami, un voisin ou un parent dans l’administration publique. Ils ne saignent pas du nez tous les jours comme des infirmières.

Les exemples d’abus sont nombreux mais passés aux oubliettes aussitôt dévoilés par les médias ou les vérificateurs. Embauches inutiles, congés inexplicables, dépenses incongrues; tout est permis, rien n’est puni. Et rien ne change. On fusionne, on additionne, rien ne se perd jamais...

Il est temps de réexaminer cet univers parallèle échappant à l’austérité, à l’imputabilité et, parfois même, à la justice...

Comment peut-on avoir besoin de «conseillers en absentéisme» et continuer d’exiger davantage de ceux qui travaillent à la sueur de leur front, du matin au soir, cinq jours ou plus par semaine, et souvent bien après la soixantaine... Demander des sacrifices aux autres en évitant d'en exiger pour soi-même...

Il est temps d’interroger cet État incomparablement étendu. L’État et ses multiples satellites. Jeter peu de lumière sur les nombreux organismes et sociétés d'État nous monterait une réalité différant des slogans syndicaux...

Il faudra ensuite aligner les villes: établir enfin pourquoi les salaires y sont si élevés... Et imposer ensuite une réduction des effectifs pour soulager la population qui paie pour ces royaumes secrets et prétentieux.

Il y a une portion très importante de la population qui en a marre des jérémiades télévisées du secteur public. Les élections d’octobre prochain nous donneront la mesure de la mauvaise humeur des contribuables.

D’ailleurs, quand on observe les sondages, il ne faut pas s’étonner que les partis qui défendent aveuglément l’État soient dans le pétrin. Copains comme cochons des syndicats, le PQ et Québec solidaire sont sur la même pente savonneuse...

Suicidaire, le PQ propose aujourd’hui un État «fort». Un message très risqué à transmettre à une population parmi les plus taxées sur terre. Il n’y a que les Danois pour être imposés plus que les Québécois...

Ils sont nombreux, les électeurs québécois, à croire que cet État vorace a beaucoup plus qu’il n’en faut pour assumer sa besogne. Un État si bien tenu qu’on a dû lui imposer une loi pour qu’il sache combien il a d’employés à payer... Une vraie farce, cette social-bureaucratie.

Que l'État fasse sa juste part...
PHOTO AGENCE QMI, MAXIME DELAND

Alors, après des décennies de taxes, de frais et de tarifs, il est temps que la détaxe profite à la majorité. Y en a marre, à la fin, de cet univers déresponsabilisé, toujours insatisfait, invariablement emmêlé dans ses lacets, courant d’un incendie à l’autre comme si on lui avait coupé la tête à la naissance...

Évidemment, les esprits dévoués au conseil central trouveront à redire, à rechigner, à exiger le maintien du statu quo. Ils évoqueront l’évasion fiscale; c’est une esquive bien utile...

Bien sûr qu’il faut lutter contre l’évasion fiscale. Abolissons les RÉER s’il le faut, puisque c’en est aussi. Taxons tous les privilèges, le vin des retraités de la SAQ comme l’allocation de dépenses des députés.

Mais avant ça, exigeons des comptes de l’État, le bienheureux dépensier. Qu'il fasse lui aussi, sa juste part. Ça donnerait d'abord un air de renouveau aux bulletins de nouvelles...