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Voitures électriques: un instant, dit Mazda

A Mazda logo is pictured on a CX-5 car during the media day at the Paris Mondial de l'Automobile
Photo Archives / Reuters

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La voiture électrique est-elle vraiment une solution viable à la lutte contre les changements climatiques? Pas nécessairement, selon Mazda.

Pendant qu’à peu près tous les gouvernements du monde occidental tentent de convaincre leur population de se tourner vers les véhicules électriques à coups de subventions et de réglementations, Mazda continue de douter de la pertinence de telles mesures.

N’offrant encore aucun modèle hybride ou électrique sur le continent nord-américain, Mazda entend plutôt continuer de développer ses moteurs à essence de façon à les rendre de plus en plus écoénergétiques. À un point où ils pourraient même être plus «propres» que des véhicules électriques.

 

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Pour justifier ce propos, Mazda fait référence à un concept baptisé «Well to Wheel», c’est-à-dire du puits de pétrole jusqu’à la voiture, ou «puits à la roue». On veut donc considérer les émissions de CO2 d’un véhicule pour l’ensemble de son cycle de vie, et non pas juste quand il roule. Logique.

Même si un véhicule électrique n’émet aucun gaz à effet de serre quand il se déplace, sa fabrication et celle de ses batteries ne se font pas par magie.

Même chose pour la production de l’électricité qui fait avancer ces véhicules. «Au Québec, vous avez l’hydroélectricité. C’est merveilleux, convient Robert Davis, vice-président senior aux missions spéciales chez la division nord-américaine de Mazda. Sauf qu’aux États-Unis, la production d’électricité n’est souvent pas renouvelable. Et on respire tous le même air», rappelle-t-il.

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Photo Fotolia

 

Une voiture électrique, mais pas tout de suite

Pour arriver à fabriquer des véhicules plus propres du «puits à la roue», Mazda a élaboré un plan drôlement baptisé «Sustainable Zoom-Zoom 2030». On y indique qu’on veut réduire les émissions de CO2 de l’entreprise de 50% d’ici 2030 et de 90% d’ici 2050.

On espère notamment y parvenir en continuant d’investir dans le développement de moteurs à essence plus efficaces. On en a récemment eu un exemple concret lors de notre premier contact avec le nouveau moteur Skyactiv-X. En utilisant un système d’allumage favorisé par une haute compression, ce moteur qu’on verra bientôt sous le capot de certains modèles de production promet une baisse substantielle de la consommation d’essence et de l’émission de CO2.

Moteur Skyactiv-X
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En parallèle au développement de ce nouveau moteur, Mazda entend aussi entamer la commercialisation d’au moins un modèle électrifié d’ici 2019. Mais attention, on spécifie qu’on le fera seulement dans des marchés où l’électricité est produite de façon propre. Comme au Québec, par exemple!

De toute façon, avec des subventions généreuses aux acheteurs de véhicules électriques et avec des législations comme la Loi zéro émission du Québec, les constructeurs n’ont plus le choix de se tourner vers les véhicules électriques. Même si la population n’en achète que très peu, les gouvernements forcent la note, en quelque sorte. Pour le meilleur et pour le pire.

Voiture électrique
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baitoey - stock.adobe.com

 

Une façon de penser contestée

Mazda n’est évidemment pas la première à contester l’aspect environnemental des véhicules électriques.

Et même si le constructeur a raison de remettre en cause la pensée magique que certains automobilistes semblent avoir à l’égard de la technologie électrique, plusieurs études démontrent que même avec une énergie produite par le charbon, les véhicules électriques demeurent plus propres que les modèles à essence.

L’ouvrage «Cleaner cars from cradle to grave» (Des voitures plus propres du berceau à la tombe), publié en 2015, le démontre d’ailleurs de façon assez éloquente.

On y explique qu’environ 66% des Américains vivent dans des endroits où conduire une voiture électrique demeure plus propre que de conduire un véhicule à essence, même si celui-ci consomme moins de 5L/100 km. Et si le développement de sources d’énergies propres comme le solaire et l’éolien continuent de se développer, cette proportion pourrait rapidement augmenter.

Selon l’«Union of Concerned Scientists», une voiture à essence ordinaire aura produit 57 tonnes métriques d’émissions polluantes à la fin de sa vie utile. Pour un véhicule électrique, on parle plutôt de 28 tonnes métriques.

Cette vidéo (en anglais) démontre d’ailleurs ces statistiques de belle façon.

 

 

En tentant de réduire la consommation et les émissions de CO2 de ses moteurs à essence, Mazda s’attaque assurément à une bonne partie du problème. Sauf qu’éventuellement, le constructeur japonais devra lui aussi se tourner vers les véhicules électriques.