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Être occupé: un anti-procrastinateur efficace

Businessman working in the office with piles of books and papers
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Catherine Martellini - 37e AVENUE

 

Vous devez déléguer une tâche importante qui doit être faite rapidement ? Demandez à quelqu’un d’occupé. Une étude américaine révèle que le fait d’en avoir beaucoup sur les bras permet de vaincre la procrastination.

L’augmentation de la productivité influence directement la croissance économique d’une entreprise. Certaines idées reçues suggèrent que plus une personne a de tâches à accomplir, plus elle aura tendance à procrastiner puisqu’elle jouit de moins de temps pour la réaliser.

Les résultats de l’étude américaine How Being Busy Overcomes Procrastination and Enhances Productivity, publiée en 2014, démontrent que dans certaines circonstances, le fait d’être plus occupé réduit plutôt la procrastination. Pour en arriver à ce constat, les chercheurs ont analysé 586 808 tâches réelles provenant d’un logiciel conçu pour aider les gens à gérer leurs tâches, puis ont mis à l’essai les résultats obtenus sur le terrain.

La procrastination, qui consiste essentiellement à retarder la réalisation d’une tâche que l’on souhaitait terminer à un moment précis, entraîne des effets négatifs sur le bien-être et le rendement personnel d’une personne : anxiété, agitation, etc. Pour contrer cette tendance à la procrastination, les experts suggèrent en général de se fixer des échéances avant la date limite, pour justement prendre en considération cette propension à retarder une tâche. Or, le fait de se fixer une date d’échéance et de ne pas arriver à la respecter engendre davantage la procrastination.

Pourquoi ? L’échec de ne pas avoir réussi à respecter l’échéance qu’une personne s’est fixée se vit difficilement. Cela joue sur son estime et sa culpabilité. Cette situation peut susciter deux réactions : soit une personne s’éloigne davantage de la tâche à accomplir en procrastinant, soit elle est motivée à la compléter plus rapidement. L’une ou l’autre de ces réactions dépend du degré d’occupation d’une personne lorsqu’elle ne respecte pas une échéance pour une tâche.

Les excuses augmentent la productivité

Une personne qui a dépassé l’échéance pour accomplir une tâche peut ressentir moins d’émotions négatives et sera moins susceptible de procrastiner si elle peut justifier l’échec. Être occupée lui donne une raison ne pas avoir respecté l’échéance qu’elle s’était fixée et l’en excuse.

La psychologie derrière ce constat est simple : une personne occupée qui doit gérer plusieurs tâches trouve la réalisation d’une tâche individuelle difficile par manque de temps et de ressources. Elle ne s’attend pas à toutes les terminer à temps. Comme elle peut le justifier, elle vivra moins de culpabilité face à cette situation et aura tendance à moins procrastiner sur une tâche par rapport à quelqu’un qui n’est pas occupé. Le fait qu’une personne n’ait pas le temps de s’attarder aux sentiments négatifs que génère le non-respect d’une échéance constitue une autre explication plausible.

À l’inverse, si une personne n’est pas occupée et qu’elle s’est fixé une échéance qu’elle ne parvient pas à respecter, elle jettera le blâme sur elle-même et se sentira coupable. Ce sentiment négatif l’empêchera de se mettre à la tâche et d’effectuer rapidement le travail.