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Le projet d’usine avec Peugeot-Citroën était «risqué» reconnait Couillard

Le groupe français Peugeot-Citroën (PSA) a abandonné le projet de construction d’une usine d’assemblage de voitures électriques en sol québécois.
Photo d'archives AFP Le groupe français Peugeot-Citroën (PSA) a abandonné le projet de construction d’une usine d’assemblage de voitures électriques en sol québécois.

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Le groupe français Peugeot-Citroën (PSA) et ses partenaires ont pris une sage décision en abandonnant le projet de construction d’une usine d’assemblage de voitures électriques en sol québécois, estime Philippe Couillard.

Même s’il s’avoue déçu que 14 M$ aient été engloutis pour rien dans l’aventure par son gouvernement via Investissement Québec (10 M$) et Hydro-Québec (4 M$), ce genre de projet vient souvent avec une certaine part de risque, a-t-il laissé entendre.

«Quand on fait des investissements dans une technologie de pointe, c’est risqué, toujours» a-t-il réagi à son arrivée au caucus libéral.

Le groupe français Peugeot-Citroën (PSA) a abandonné le projet de construction d’une usine d’assemblage de voitures électriques en sol québécois.
Photo Simon Clark

«Pas commercialement viable»

Comme le rappelait Le Journal, mercredi matin, Philippe Couillard en avait fait l’une de ses principales annonces, lors du Forum économique mondial de Davos, il y a deux ans. Une nouvelle entité regroupant le constructeur automobile Peugeot-Citroën, le fabricant de moteurs français Exagon, Hydro-Québec, ses filiales IndusTech et TM4 ainsi qu’Investissement Québec, devait fabriquer, au Québec, des composants pour véhicules électriques haute performance. La propriété intellectuelle des travaux de recherche et développement devait également demeurer au Québec.

«Le Québec, c’est le terreau idéal du développement du véhicule électrique», s’était réjoui à l’époque M. Couillard, en conférence de presse.

«L’annonce d’aujourd’hui représente l’avenir pour le Québec et le Canada», avait déclaré à son tour le ministre fédéral de l’Innovation, Navdeep Bains, qui participait à l’annonce.

Or, comme nous l'avons révélé dans nos pages, la coentreprise baptisée Arion Technologies Automobiles, créée en mars 2016, a finalement été dissoute avant les Fêtes, en raison des coûts jugés trop élevés par le groupe Peugeot-Citroën, notamment en raison de la conjoncture du marché chinois.

«Les partenaires, sagement, ont décidé que ce n’était probablement pas commercialement viable, ils ont décidé d’interrompre le projet», considère aujourd’hui M. Couillard.

«Le projet n’était pas viable», a résumé au Salon bleu la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, lorsque questionnée à ce sujet par le député caquiste André Lamontagne

«Tout n’est pas perdu, nous pourrons récupérer un certain [...] réseau de contacts qui a été bâti», a ajouté Mme Anglade.

100 000 véhicules électriques

En revanche, «à plus grande échelle, le projet d’électrification au Québec, il va très bien», a fait valoir le premier ministre.

À l’instar de la cible de 250 000 nouveaux emplois fixée par son gouvernement, celle des 100 000 véhicules électriques d’ici 2020 demeure réaliste, croit M. Couillard.

«On est rendu à 24 000 véhicules, a-t-il souligné. De plus en plus, les gens commencent à dire bien là, c’est un peu comme les emplois hein: l’objectif de 100 000 véhicules, finalement n’était pas si fou que ça.»

Le premier ministre promet d’ailleurs de continuer à déployer le réseau de bornes de stations de recharge afin d’encourager les Québécois à faire le choix d'un véhicule zéro émission.