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Des vies fauchées pour rien

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Combien de vies fauchées pour rien faudra-t-il encore avant que les forces policières outillent nettement mieux leurs policiers face à la détresse engendrée par la misère humaine et la maladie mentale ? Hier, une vidéo troublante, rendue publique par la famille d’une victime, pose à nouveau la question.

On y voit la dernière partie de l’intervention chaotique de plusieurs policiers du SPVM chez Pierre Coriolan. En crise psychologique suite à la nouvelle qu’il serait évincé de son logement, M. Coriolan était agité. En réaction, il aurait tenté de détruire des objets dans son logement.

Abattu

Les policiers, au lieu de réagir avec calme et patience, ont « tasé » |sic| M. Coriolan, puis l’auraient abattu. Sous toutes réserves de ce cas spécifique qui reste à être élucidé, je me limiterai à dire ceci.

Je suis une fille de policier. Je sais à quel point c’est un boulot exigeant. Surtout dans une grande ville où l’itinérance et la maladie mentale font des ravages. Mais je sais aussi que les policiers n’ont pas encore la formation adéquate pour y faire face avec respect et dignité.

Pis encore, la peur semble même les habiter quand ils font face à ces personnes malmenées par la vie et souvent abandonnées par les services sociaux.

Désensibilisation

Cette combinaison de peur et de formation déficiente débouche parfois sur des policiers qui, pour tenir le coup, se désensibilisent eux-mêmes. Résultat : sans même s’en rendre compte, certains finissent par déshumaniser les personnes itinérantes et/ou souffrant de maladie mentale.

J’en ai moi-même été témoin quand une femme autochtone itinérante en état d’ébriété a été laissée blessée dans un autobus sans que les policiers présents ne se donnent vraiment la peine ni le temps de la convaincre de se laisser mener à l’hôpital en ambulance.

Quand j’ai questionné poliment leur réaction, un policier m’a lancé sèchement de me mêler de mes affaires...