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Devriez-vous travailler à temps partiel à la retraite?

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De plus en plus de personnes retraitées décident de travailler à temps partiel, pour augmenter leurs revenus ou se replonger dans la vie active. Quels sont les avantages et les inconvénients de ce choix ?

En 2016, plus du tiers (38 %) des travailleurs à temps partiel avaient au moins 45 ans, dépassant ainsi la proportion des 15-24 ans (33 %), qui détiennent habituellement le record des « petits boulots ». Sur le lot, on trouve un nombre croissant de retraités, de 60 ans et plus. « Le style de vie a évolué et les gens ne sont pas prêts à tout arrêter à la retraite, soit parce qu’ils souhaitent rester actifs ou encore parce qu’ils n’ont pas suffisamment de revenus », explique Olivier Paré, PDG d’AVEGO Gestion privée et conseiller en sécurité financière.

Un emploi occupé deux ou trois jours par semaine peut donc permettre d’améliorer sa qualité de vie tant d’un point de vue social que financier.

Un supplément intéressant

Vos rentes de la Régie des rentes du Québec ne seront pas réduites à cause de ce revenu supplémentaire. Toutefois, dès que les revenus d’emploi dépassent l’exemption générale annuelle de 3500 $, vous devrez recommencer à cotiser au RRQ.

En contrepartie, ces cotisations supplémentaires vous donneront droit à une augmentation de la rente : le supplément à la rente de la retraite, qui sera appliquée jusqu’à la fin de vos jours, et ce sans que vous ayez à en faire la demande. Mieux encore, votre rente sera bonifiée même si vous touchez déjà le montant maximal et elle continuera à augmenter chaque année tant que vous verserez des cotisations.

Le supplément total pour une année équivaut à 0,5 % du revenu sur lequel vous aurez cotisé l’année précédente. Concrètement, voici une simulation effectuée par la Régie des rentes : un retraité est bénéficiaire d’une rente de retraite de 750 $ par mois. Si son revenu de travail est de 22 700 $, il cotisera au RRQ pour des revenus de travail de 19 200 $ (22 700 $ moins l’exemption générale de 3500 $). Le 1er janvier de l’année suivante, il aura droit à un supplément de 8 $ par mois (19 200 $ x 0,5 % = 96 $ par année) grâce aux cotisations qu’il aura versées.

Prudence si les revenus sont élevés

Du côté fédéral en revanche, même si vous pouvez continuer à percevoir votre prestation de Sécurité de la vieillesse (SV) en travaillant, il est possible que vous ayez à en rembourser une partie par le biais de l’impôt de récupération de la SV. Cela ne concerne toutefois que les revenus élevés, supérieurs au montant de 73 756 $ (pour 2016) toutes provenances confondues. Vous devrez alors rembourser 15 % du montant du revenu qui dépasse ce seuil.

Quant au Supplément de revenu garanti, celui-ci étant attribué aux personnes à faibles revenus, il sera directement affecté par la rémunération que vous tirerez de votre emploi. « Cependant, selon les cas, il est possible que le revenu d’emploi constitue un gain bien supérieur aux sommes provenant du Supplément de revenu garanti. Il faut faire ses calculs », conseille Olivier Paré, qui ajoute qu’un revenu d’emploi est toutefois une bonne façon de préserver un certain niveau de vie. « Avec ces sommes supplémentaires, on pourrait par exemple garder sa maison plus longtemps, conserver sa voiture ou voyager », dit-il. Alors si votre santé vous le permet, pourquoi pas ?

Conseils

  • L’impact d’un revenu supplémentaire à la retraite varie en fonction de la situation de chacun. Effectuez des simulations pour évaluer si vous êtes gagnant ou perdant.
  • Attention : travailler à temps partiel à la retraite et prendre une retraite progressive sont deux choses différentes. Les règles applicables ne sont pas les mêmes.
  • Consultez les sites du gouvernement du Canada https://goo.gl/mN5d6n et de la Régie des rentes du Québec https://goo.gl/dNwmXo pour concilier travail et retraite de la meilleure façon possible.