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Enquête de «J.E.»: qu'est-il arrivé à Mélissa Blais?

Enquête de «J.E.»: qu'est-il arrivé à Mélissa Blais?

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LOUISEVILLE – Trois mois après la disparition de Mélissa Blais, 34 ans, à Louiseville, en Mauricie, toutes les hypothèses restent ouvertes pour les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ).

Ils ont cependant pu éliminer les doutes qui entouraient deux témoins. L'équipe de l'émission «J.E.» a appris que deux personnes ont passé avec succès le test du polygraphe.

Le conjoint de Mélissa Blais, François Venne, avec lequel elle s'était querellée dans la soirée du 1er novembre dernier, s'était lui-même offert pour se soumettre au «détecteur de mensonges». Le test a été effectué en décembre.

«J'ai été complètement innocenté. Comme dans toute disparition, le conjoint est toujours un suspect, affirme-t-il. Les policiers me disaient que j'étais le suspect numéro 1.»

François Venne dit avoir en tout passé une quinzaine d'heures à répondre aux questions des enquêteurs de la SQ.

Le propriétaire du bar Les Deux Dés, le dernier endroit où Mélissa Blais a été vue, a lui aussi accepté de passer le test au début janvier pour dissiper les doutes qui l'entouraient.

«Ç'a duré 4 heures et demie, se rappelle Daniel Dubeau. Je ne souhaite ça à personne. Même quand tu sais que tu es innocent, c'est dur sur le moral. Ils te demandent: "Avez-vous tué Mélissa Blais?" "Savez-vous où est Mélissa Blais?" On m'a dit après que je n'avais aucunement rapport avec sa disparition.»

Les deux hommes espèrent maintenant que les policiers pourront concentrer leurs efforts ailleurs.

Récompense de 5000 $

Geste volontaire, accident, acte criminel; toutes les hypothèses sont envisagées par les enquêteurs pour expliquer la disparition de Mélissa Blais. Une récompense pouvant aller jusqu'à 5000 $ est offerte par Jeunesse au Soleil pour tenter d'avoir de l'information.

Selon l'enquête de «J.E.», Mélissa Blais a quitté sa maison de Yamachiche vers 19 h le 1er novembre dernier, avant de se rendre au bar La Terrasse de Louiseville. Elle y a passé trois heures à jouer au poker et à prendre quelques consommations, avant de se rendre vers 22 h 30 à la Brassette L'ami, toujours à Louiseville.

Vers 23 h 50, elle s'est déplacée à pied à quelques pas, au Bar Les Deux Dés, où elle a terminé la soirée. Kevin Bélanger l'a côtoyée dans les trois établissements. «Elle "filait lousse" parce qu'elle avait eu un accrochage avec son conjoint. Elle avait l'air tracassée, pas déprimée», dit-il.

Vers 2 h 10, Mélissa Blais a quitté le Bar Les Deux Dés. Elle n'a jamais été revue depuis. Une caméra de surveillance a capté en partie le départ de sa voiture: impossible de savoir si elle était seule ou même si c'était elle qui était au volant. Quelques minutes plus tard, le signal de son téléphone cellulaire a cessé d'émettre dans la région de Louiseville.

Ses proches ne croient pas au suicide ou au départ volontaire. «Ma mère a deux enfants dont elle s'occupe bien, dit sa fille Alexia-Ève, 16 ans. Elle a une famille, des amis. Elle ne voudrait pas les inquiéter. Elle aimait la vie, elle me le disait souvent.»

La possibilité qu'elle ait pu prendre le volant en état d'ébriété apparaît aussi peu plausible. «Impossible qu'elle ait pu prendre un véhicule, soutient son ex-conjoint Jonathan Baril. C'est beaucoup trop d'alcool en peu de temps et c'était contre ses principes».

Reste la possibilité qu'elle ait été victime d'un acte criminel. Pour son conjoint, c'est l'hypothèse privilégiée. «C'est impossible qu'une femme et une auto disparaissent comme ça, sans laisser de trace, lance François Venne. Il y a quelqu'un qui est impliqué là-dedans, c'est sûr et certain.»

Il dit lui-même entretenir des soupçons sur une ou deux personnes, mais laisse la Sûreté du Québec mener son enquête.

Entre-temps, les proches tentent malgré tout de reprendre une vie normale. François Venne a repris son emploi trois semaines après la disparition de sa conjointe.

«Ça m'a fait du bien de revoir mes collègues et mes clients, qui sont très compréhensifs. Ça m'a fait du bien de retrouver une routine.»

Quant à Alexia-Ève, née d'une précédente union, tout cela lui semble irréel. «C'est comme si elle était encore chez elle, avec mon beau-père et mon frère. Je n’arrive pas à réaliser qu'elle est portée disparue».

Elle souhaite, comme tous les proches, qu'une personne qui a de l'information se manifeste.