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La moitié des enquêteurs de la SQ veulent quitter l’UPAC

La moitié des enquêteurs de la SQ veulent quitter l’UPAC
Photo d'archives Maxime Deland

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QUÉBEC | Plus de la moitié des enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) qui travaillent à l’UPAC veulent s'en retirer en raison d'un mauvais climat de travail, a appris notre Bureau d’enquête.

Ces données sont issues d’une vérification effectuée par le syndicat qui les représente, l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ).

«C’est un climat de travail pourri, à l’UPAC», dit le président de l’APPQ, Pierre Veilleux.

La majorité des 35 enquêteurs de la SQ à l’UPAC ont été rencontrés par l’APPQ depuis décembre.

«Il y en a plus de 50 % qui désirent quitter immédiatement ou au plus tôt l’UPAC à cause du climat de travail», dit le président.

Selon M. Veilleux, des départs à la direction de l’UPAC sont nécessaires afin d’éviter «un exode».

«La confiance envers les autorités est fortement ébranlée et je pense que ça passe par des changements au niveau de la gestion », indique-t-il.

Mardi, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rendu publique une note de la SQ détaillant des problèmes dans les relations de travail à l’UPAC.

M. Veilleux a corroboré plusieurs de ces informations en se faisant l’écho d’enquêteurs qui dénoncent des cas de favoritisme ainsi qu’un climat de «suspicion, d’intimidation et de harcèlement de la part des autorités».

Au moins trois policiers de la SQ ont déposé des plaintes pour harcèlement psychologique.

«C’est des plaintes de harcèlement contre des gestionnaires, pas entre membres. J’ai comme l’impression qu’on essaie de faire passer les membres pour une gang de bébés, ce n’est pas ça du tout.»

Concernant le favoritisme, l’APPQ cite des cas de promotion à des postes de chef d’équipe. «Ce n’est pas fait dans les règles de l’art», souligne M. Veilleux.

Fuites

L’APPQ dénonce la décision des gestionnaires de l’UPAC de mandater des enquêteurs auprès de leurs collègues pour découvrir s’ils divulguent de l’information aux médias.

«Ça, pour nous, c’est inacceptable, c’est une erreur de gestion flagrante», mentionne M. Veilleux.

La réintégration de ces enquêteurs dans leur unité crée actuellement des tensions.

«Il y a des gens qui braillent quand on les rencontre. Il y a des gens qui sont sur le bord de craquer. Ça ne va pas bien.»

L’APPQ veut plus de mobilité pour ses membres affectés à l’UPAC pour quatre ans. Le syndicat réclame pour eux le droit de quitter l’UPAC après un préavis de 30 jours.