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Insultes à des athlètes et entraineurs russes: le Canada s'est-il excusé, oui ou non?

Éric Myles
Photo Ben Pelosse Éric Myles

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PYEONGCHANG | Que s’est-il passé exactement ? Qui a insulté qui et comment ? S’est-on vraiment excusé ? Était-ce des excuses officielles ?

Qu’on pose la question en français ou en anglais, la réponse n’est pas plus claire. Et Éric Myles, le directeur général du sport au Comité olympique canadien, n’a pas été plus limpide dans des conversations privées.

En gros, il y aurait eu des insultes ou des propos offensants qui auraient été lancés à un ou plusieurs athlètes et entraineurs du groupe olympique russe en début de semaine à la cafétéria du village.

Personne ne semble savoir exactement ce qui a été dit et qui l’a dit. Mais les Russes ont vivement pointé vers le Canada.

Selon les informations recueillies, l’incident aurait été le sujet de conversation parmi les fédérations de différents pays plus tard dans la semaine.

Ni Tricia Smith ni Myles n’ont déclaré officiellement qu’une insulte avait été lancée mais les deux ont dit qu’on n’a pas pris de chance et qu’on a prévenu toutes les fédérations sportives canadiennes de faire attention à leurs propos avec les Russes ou quiconque d’autres.

Il n’y a peut-être pas eu d’insultes mais hier matin, lors d’une rencontre informelle entre les deux groupes, on s’est excusé pour ces propos.

Mais était-ce des excuses officielles ? Ne semble pas. Et pourquoi s’excuser s’il n’y a pas d’offenses officielles ? Personne n’est capable de fournir une explication. On patine sur les bottines et on tente un salto arrière...

Bande de dopés

Ce qu’on ne raconte pas c’est qu’il est tentant dans la chaleur d’une engueulade de traiter les coachs et joueurs russes de dopés. Et on peut facilement ajouter que les équipes russes sont formées de tricheurs. Ça se dit quand on est énervé.

Surtout que ça se peut. En tous les cas, le rapport McLaren le démontre et le CIO le croît. Mais dans le monde poli de l’Olympisme, on sait vivre. Surtout que rien ne dit qu’un athlète canadien ne se fera pas pincer pendant ces Jeux de Pyeongchang.

Ça n’a pas empêché la présidente Tricia Smith d’y aller d’un plaidoyer ardent et passionné sur les progrès enregistrés dans la lutte contre le dopage : « Avant, on avait un cas positif par Olympiade. Maintenant, les tricheurs, on les attrape. Le Canada n’arrêtera jamais de croire en un sport propre pour ses athlètes. Nous voulons défendre le droit pour un sportif propre de pratiquer un sport de haut niveau », a-t-elle lancé dans une belle tirade.

Elle a raison sur un point. Il y a eu 16 000 tests antidopage pratiqués en 2017. C’est beaucoup de tests.

Une image entachée

L’image de marque des Olympiques est une marque très forte. On s’en sert pour vendre le sport, la santé, de bons shows de télévision et pour saigner les pays qu’on veut inviter à présenter les Jeux.

Tricia Smith a reconnu hier que cette marque a été affectée par les récents scandales causés par le dopage. Qui dit image de marque diminuée dit moins de cash dans les coffres. Et les grandes envolées de Tricia ne peuvent faire oublier que le motif premier et l’outil essentiel du mouvement olympique, c’est le cash.

Par ailleurs, la conférence de presse s’est bien passée. Mme Smith est trop timide pour parler en français mais on sent que ça s’en vient en privé. Et puis, avec Isabelle Charest qui elle, n’est pas colonisée et gênée de parler sa langue, tout va très bien.

Surtout qu’Isabelle s’est fait tatouer les anneaux olympiques sur un bras.