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Le syndrome du lundi matin : un signe de surmenage ?

Monday morning again
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Fanny Bourel — 37e AVENUE

 

Les lundis matins sont une véritable calamité pour bien des gens. En juin, un sondage de Monster.com révélait que 76 % des Américains disent ressentir un fort « blues du dimanche soir ». Les Anglo-Saxons, eux, l’appellent le syndrome du lundi matin. Signe de surmenage, cette déprime du début de la semaine ?

« Après avoir passé un week-end synonyme de liberté et de flexibilité, c’est normal de trouver difficile le fait de retomber dans la routine, affirme France St-Hilaire, professeure au département de management et gestion des ressources humaines à l’Université de Sherbrooke. Mais si on y pense dès le dimanche matin, qu’on n’en dort pas de la nuit ou que cela nous empêche de profiter de notre fin de semaine, c’est un problème. »

Des facteurs multiples

Pour cette spécialiste de la santé psychologique au travail, trois grandes raisons sont à l’origine d’un syndrome du lundi matin : un manque d’intérêt pour son emploi, un problème de santé physique ou psychologique allant des troubles du sommeil à l’épuisement professionnel ou un milieu de travail devenu stressant, par exemple à cause d’un conflit, d’un changement organisationnel ou de la peur de perdre son emploi.

Le syndrome du lundi matin peut aussi s’expliquer par un déséquilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle, selon Mario Côté, consultant associé chez Réseau DOF et conseiller en ressources humaines agréé. Il recommande

entre autres d’apprendre à dire non à certains mandats si la charge de travail est trop lourde, et d’éviter à penser au travail le week-end.

Trouver un remède

Rechercher les causes fondamentales de son mal-être est la première étape pour mettre fin à un sévère syndrome du lundi matin. Une fois les facteurs identifiés, il est possible de mettre en place une stratégie efficace : discussion avec son superviseur pour redéfinir ses tâches ou son horaire de travail, recherche de solutions à un conflit au bureau, recours à un médecin ou à un psychologue, réorientation de carrière ou changement de poste ou d’entreprise.

Si le syndrome du lundi matin reste léger, quelques solutions simples peuvent rendre le retour au travail plus agréable. Selon France St-Hilaire, il faut voir le lundi comme une période de transition, et planifier un horaire aussi aéré que possible. Elle suggère de programmer ses tâches les plus intéressantes le lundi et de repousser les réunions ennuyeuses à un autre jour. Pour égayer la journée, on peut aussi s’autoriser à écourter la journée ou mettre du plaisir à l’agenda : repas au restaurant, sortie au cinéma, activité sportive avant le travail...

Autre technique pour faciliter la reprise du travail : organiser sa journée du lundi dès le vendredi après-midi. « Les gens se dressent des listes de choses à faire, mais sans les prioriser, observe Mario Côté. Or, quand on priorise ses tâches avant de partir en week-end, on allège la pression et on profite mieux de sa fin de semaine. »

Parfois, c’est le fait de se lever tôt qui rend les lundis matins particulièrement difficiles. Attention donc aux veillées trop tardives et aux grasses matinées du week-end qui désorganisent le rythme de sommeil et transforment les lundis matins en enfer !