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Festival Nomade: pour oublier l’hiver et ses soucis

Atigh Ould, le fondateur du festival nomade et propriétaire du restaurant mauritanien La Khaïma où se déroule la plupart des activités du festival.
DOMINICK GRAVEL / AGENCE QMI Atigh Ould, le fondateur du festival nomade et propriétaire du restaurant mauritanien La Khaïma où se déroule la plupart des activités du festival.

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Un festival montréalais qui se déroule en fin de semaine vise à mettre de l’avant l’esprit nomade d’ici et d’ailleurs à travers la musique, la nourriture et l’artisanat d’une dizaine de cultures différentes.

Le festival Nomade qui a débuté mercredi et qui se termine ce dimanche invite les Montréalais à faire fi de l’hiver en venant participer aux nombreuses activités culturelles organisées au restaurant La Khaïma et au Montréal, arts interculturels (MAI).

«Février, c’est le mois le plus difficile, lance Atigh Ould, le fondateur du festival et propriétaire du restaurant du Mile-End où se déroulent la plupart des activités. On veut faire vivre aux gens quelque chose de différent [...], leur dire assoyez-vous, on va manger, on va danser, on va s’amuser et oublier le froid et tous les problèmes du quotidien.»

Pour se faire, M. Ould et son équipe comptent notamment sur un souk auquel participent une douzaine d’artistes, une soirée cinéma présentant d’importants documentaires québécois méconnus du public et une grande soirée musicale accueillant des musiciens montréalais d’origines andalouse, perse, innue et bien plus.

«Il y a des jeunes, des musiciens, des artistes ou des gens carrément ordinaires qui viennent et vivent une expérience qui est basée sur le partage, sur le concept d’être ensemble et toutes ces valeurs», explique M. Ould pour décrire le festival qui fonctionne depuis huit ans sans subventions ou autre aide financière.

«C’est vraiment dans la simplicité, mais une simplicité qui apporte le bonheur», ajoute-t-il.

De son côté, le restaurateur originaire de la Mauritanie utilise ses talents culinaires pour partager les principes de base de la vie nomade.

«Chacun a sa force, chacun a quelque chose à amener au festival, et moi, c’est vraiment à travers la gastronomie que je peux partager cette idée de vivre ensemble, manger ensemble et être heureux ensemble, explique M. Ould. Je crois que pour les nomades, le message du partage passe particulièrement bien à travers la nourriture.»

Renouer avec ses racines

M. Ould n’a cependant pas toujours été aussi attaché à son passé nomade. Il se souvient par exemple du temps où, petit, il a eu son premier contact avec le monde moderne exemplifié à cette époque par les publicités télévisées de la chaîne de restauration rapide McDonald’s.

«Je n’oublierai jamais les images des oignons qui tombent lentement sur une viande à burger et que tous les morceaux sont parfaits, se remémore-t-il. Tu vois ça et tu te dis: "wow, la vie moderne c’est vraiment le paradis, c’est la solution pour tout!"»

Une fois ici cependant, M. Ould s’est rapidement rendu compte que même s’il est vrai que la vie moderne à ses avantages, elle n’offre pas des solutions à tout pour autant.

La vie nomade n’était pas vue d’un bon œil à l’époque dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui traîne derrière lui un lourd passé d’esclavage pas tout à fait réglé encore à ce jour.

«Il y avait beaucoup de préjugés dans le passé, résume le restaurateur. On disait que ces gens n’ont rien amené à l’humanité, ces gens n’ont pas de culture, ni aucun savoir-faire.»

Avec le temps, M. Ould en est venu à réaliser que ces idées préconçues étaient fausses et que la philosophie des peuples nomades, qu’ils soient en Mauritanie, en Asie centrale ou même au Québec, mérite d’être préservée et partagée à travers des événements tels que le festival Nomade.

«Pour moi, si les gens commencent à comprendre ou réfléchir un peu plus au partage pour ensuite l’appliquer dans leurs vies [...] grâce au festival, c’est ça le succès», conclu M. Ould.

 

La vie nomade des temps modernes

Le festival Nomade qui se déroule à Montréal jusqu’à dimanche met l'accent sur l’idée du partage, aspect très important de la culture nomade.

Le fondateur de l’événement Atigh Ould explique cependant qu’il est agréablement surpris aujourd’hui de voir certaines initiatives de partage prendre place à Montréal, ce qui lui rappelle sa Mauritanie natale.

«Chaque fois que je vois du commerce ou des activités qui partagent dans ce sens, je me dis qu’on faisait ça chez moi, mais avec des chameaux, résume M. Ould à propos de projets ou d'entreprises comme Communauto et La Remise. Les gens commencent à comprendre qu’il vaut mieux vivre heureux que d’avoir toutes les options autour de toi.»

Être prêt à tout

Selon lui, adopter une philosophie nomade peut aussi aider le citoyen moderne à mieux composer avec l’imprévu.

Dans son cas, ses racines lui ont permis de passer à travers ses premières semaines au Québec sans trop de mal, malgré le fait qu’il est arrivé en 1998, il y a 20 ans, en pleine crise du verglas.

«C’était un choc oui, mais quand tu viens d’origines nomades, tu n’as pas de problème, résume tout bonnement M. Ould. Tu t’attends à tout et ton principe c’est de t’adapter à tout ce qui se passe.»