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Jacmel et Petit-Goâve: l’autre Haïti

Haïti regorge de magnifiques plages gardées à leur état naturel. Ici, la plage Bananier à Petit-Goâve.
Photo courtoisie, Janick Arcand Haïti regorge de magnifiques plages gardées à leur état naturel. Ici, la plage Bananier à Petit-Goâve.

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On l’appelle la Perle des Antilles. Haïti est un joyau méconnu des Caraïbes. Au-delà de la misère omniprésente, Haïti en met plein la vue avec ses paysages magnifiques, ses régions montagneuses, son patrimoine colonial, sa culture colorée et ses nombreuses plages vierges gardées à l’état naturel. Sans perdre trop de temps à Port-au-Prince, c’est vers le sud-ouest du pays que nous nous dirigeons.

De Port-au-Prince, nous empruntons la route sinueuse qui traverse les montagnes pour se rendre à Jacmel. La ville, nommée Ville créative par l’UNESCO en 2014, est reconnue pour son riche patrimoine et pour son apport à l’artisanat et aux arts populaires.

L’art haïtien

L’art est partout dans la ville ; à travers l’architecture coloniale française, des bâtiments aux couleurs vives typiques au pays, dans les mosaïques qui tapissent les murs, etc. Sur le Bord-de-mer (c’est ainsi qu’on appelle le grand trottoir qui longe la plage), on se promène sur les mosaïques de céramique multicolore qui couvrent le sol. En face, le marché d’art est l’endroit idéal pour se procurer des souvenirs authentiques. De nombreux artisans, peintres, sculpteurs et autres viennent s’établir à Jacmel pour faire partie de cette effervescence artistique.

Le Bord-de-Mer et sa mosaïque multicolore de Jacmel.
Photo courtoisie, Janick Arcand
Le Bord-de-Mer et sa mosaïque multicolore de Jacmel.

Nous nous arrêtons à la boutique de Moro Baruk. Cet artiste crée des pièces en bois, en fer découpé, et en papier mâché. Ils sont nombreux, à Jacmel, à utiliser le papier mâché pour créer des masques et des sculptures, souvent à l’effigie des dieux vaudou et utilisés pendant le Carnaval.

Le marché d’art de Jacmel
Photo courtoisie, Janick Arcand
Le marché d’art de Jacmel

Chez les sirènes

De passage à Jacmel, nous en profitons pour nous rendre au Bassin bleu. Situé dans les montagnes, en plein cœur de la forêt tropicale, le Bassin bleu est sans aucun doute l’endroit le plus mystique que j’ai visité. Selon la légende, des sirènes habitent l’endroit, mais elles ne sortiraient que la nuit.

Bassin bleu
Photo courtoisie, Janick Arcand
Bassin bleu

Une courte randonnée dans la forêt tropicale nous mène à travers trois différents bassins d’eau bleu turquoise qui invitent à la baignade. L’aventure se termine au fameux Bassin bleu, une piscine naturelle de plus de 75 pieds de profondeur. Le décor est spectaculaire. Le bassin se trouve au creux d’une cavité creusée naturellement dans la montagne. Quand on descend, les escaliers sont si à pic qu’il faut se tenir à un câble pour ne pas glisser. On se retrouve enveloppé par les rochers, la végétation qui nous entoure et la chute d’une trentaine de pieds au moins. Les plus courageux d’entre nous iront escalader un rocher près de cette dernière, du haut de laquelle ils iront plonger sans danger. L’expérience est complètement enivrante.

En se rendant au Bassin bleu, la route dans les montagnes offre des points de vue à couper le souffle.
Photo courtoisie, Janick Arcand
En se rendant au Bassin bleu, la route dans les montagnes offre des points de vue à couper le souffle.

De retour à Jacmel, nous nous dirigeons vers le nord pour nous rendre à Petit-Goâve. Nous allons à Fort Royal Hotel, un charmant petit hôtel à l’architecture coloniale, situé dans une dense végétation luxuriante, abritant une faune tropicale diversifiée. Des paons nous accueillent à notre arrivée. Il est bon de flâner au restaurant situé sur le haut d’une falaise, tout en profitant de la vue incroyable que nous offre ce point de vue sur la mer et sur l’île de la Gonâve.

À quelques minutes de marche de l’hôtel se trouve le débarcadère où nous montons à bord d’un bateau aux allures de chaloupe, qui nous mènera à la plage Bananier. Cette plage privée, entièrement gardée à son état naturel, est inaccessible par voie terrestre. Avec ses paysages montagneux, sa plage de fin sable blanc et son eau cristalline, l’endroit est paradisiaque. Pas une âme qui vive, si ce n’est que pour deux jeunes garçons venus y pêcher le lambi.

Repas authentique

Pendant que nous profitons de ce paradis terrestre, des locaux embauchés par l’hôtel nous préparent un véritable festin sur la plage, qui consiste en un repas de langoustes, lambi, poisson frais, bananes pesées (des bananes plantains qu’on écrase comme une galette avant de faire frire) et de pikliz (un condiment très piquant à base de chou). Le tout accompagné de bière Prestige, la bière par excellence d’Haïti.

À Petit-Goâve, les enfants du coin nous montrent le produit de leur journée à la pêche au lambi.
Photo courtoisie, Janick Arcand
À Petit-Goâve, les enfants du coin nous montrent le produit de leur journée à la pêche au lambi.

Au coucher du soleil, c’est avec regret que nous retournons doucement vers la civilisation. Nous serions volontiers restés plus longtemps sur cette plage idyllique où nous avions le sentiment d’être seuls au monde.