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Leur maison menacée par des évaluations erronées

François Grenier
Photo Camille Garnier François Grenier et sa femme France Lauzon affirment avoir perdu toute vie sociale et devoir prendre des calmants tant le combat qu’ils mènent pour leur maison les fatigue.

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Des sinistrés des inondations du printemps dernier craignent de perdre leur maison devant l’évaluation du ministère, qui évoque notamment la reconstruction d’escaliers qui n’ont jamais existé.

« Nous n’avons plus de vie, lâche François Grenier dans un soupir d’épuisement. On prend des pilules pour tenir le coup et le médecin nous a dit qu’on était tous les deux au bord de la dépression nerveuse. »

Depuis que leur maison située à Pointe-Calumet, dans les Laurentides, a été inondée en avril dernier, M. Grenier et sa femme France Lauzon sont engagés dans une bataille administrative avec le ministère de la Sécurité publique qui leur a déjà coûté une partie de leur santé.

La maison du couple située à Pointe-Calumet.
Photo Camille Garnier
La maison du couple située à Pointe-Calumet.

En septembre, après plusieurs mois d’attente, le couple reçoit une première évaluation des dommages subis par leur maison, qui appartient à la famille Grenier depuis les années 1970.

Erreurs

« Cette évaluation n’a pas de bon sens, s’agace François Grenier. On me parle d’un escalier dans mon sous-sol. Mais il n’y a jamais eu d’escaliers là-dedans et les inspecteurs ne l’ont même pas visité. »

Le rapport fait aussi état d’une peinture à 6500 $ pour couvrir à peine un tiers des murs de la maison et d’un remplacement de bain... même s’ils n’ont jamais eu de bain. Les travaux de remise en état y sont évalués à environ 80 000 $, soit un peu plus de 100 % de la valeur de la maison selon le ministère de la Sécurité publique (MSP).

Or, au-delà de 50 %, le ministère n’autorise pas de reconstruction et dédommage les propriétaires pour se reloger ailleurs.

Une évaluation privée effectuée à la demande de M. Grenier affiche, elle, un résultat très différent puisqu’elle juge la valeur de sa maison à 180 000 $, plus du double du chiffre fourni par le MSP.

Retraite

En novembre, M. Grenier finit par recevoir une seconde évaluation, mais celle-ci ne contient qu’une correction mineure et affiche un résultat proche de la première.

Entre-temps, M. Grenier a fait réaliser par deux entreprises privées des évaluations indépendantes pour obtenir des avis complémentaires.

Là où le ministère chiffre les travaux à plus de 80 000 $, les deux entrepreneurs privés estiment leur montant autour de 35 000 $ seulement.

« Moi je ne veux embêter personne. S’ils me donnent un peu plus de 30 000 $ pour faire ces travaux je mettrai le reste de ma poche, plaide François Grenier. Je ne veux pas quitter ma maison, c’est ici que nous voulons passer notre retraite avec ma femme. »

Hier, un représentant du ministère aurait promis à M. Grenier une troisième évaluation dans les prochaines semaines.

« C’est difficile de se prononcer, nous sommes souvent pris entre l’arbre et l’écorce, commente Marc Jossart, directeur adjoint des services municipaux à Pointe-Calumet. La Municipalité ne peut pas dire au MSP quelle est la direction qu’il doit prendre. »

M. Jossart indique qu’environ cinq foyers sinistrés de Pointe-Calumet sont encore engagés dans des batailles avec le ministère.


► Contacté par Le Journal, le ministère a dit ne pas pouvoir commenter des cas particuliers.