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«Nous ne sommes pas assez bons»

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Photo Agence QMI, Joel Lemay Claude Julien ne s’est pas gêné pour dire comment il perçoit son équipe en ce moment.

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Si jamais les décideurs du Canadien, Geoff Molson et Marc Bergevin, acceptaient pour une fois de faire preuve de transparence et informaient les consommateurs et les partisans sur leur modèle d’affaires en vue des prochaines semaines et des prochains mois, ils n’auraient pas à se soucier au sujet de leur lettre d’introduction.

Claude Julien s’en est chargé, jeudi soir.

Peut-être dressait-il un parallèle entre les performances de son équipe sur la route et les résultats, mais son message m’a semblé pourtant bien clair et il résume très bien le bourbier dans lequel le Canadien est empêtré depuis le début de la saison.

« Encore une fois, nous étions près de l’objectif... mais, en fin de compte, nous avons échoué parce que nous ne sommes pas assez bons. »

On n’a pas à aller plus loin.

L’entraîneur est le mieux placé pour passer un tel jugement. C’est lui qui prend les décisions, c’est lui qui compose avec les effectifs, c’est lui qui doit s’assurer que tout le monde est sur la même page et c’est lui qui possède tous les éléments pour faire une évaluation détaillée de chacun des patineurs de l’organisation.

Le rôle de l’entraîneur

C’est lui qui a le pouls du vestiaire.

C’est lui qui connaît le mieux les états d’âme de Max Pacioretty.

C’est lui qui apprend à mieux connaître Jonathan Drouin.

C’est lui qui doit remettre Alex Galchenyuk sur les rails et, pour ce faire, l’entraîneur n’a pas encore laissé son égo de côté.

C’est lui qui doit manœuvrer avec une défense démolie de toutes pièces au cours de l’entre-saison.

C’est lui qui doit faire place aux jeunes joueurs, comme l’a exigé Bruce Cassidy, celui qui lui a succédé à Boston et qui, aux dernières nouvelles, avait une fiche de 50-19-9 depuis son arrivée derrière le banc. Le temps est venu de couper du temps de jeu à des vétérans sur le point de quitter l’organisation aux profits des jeunes patineurs.

Le Canadien, c’est évident, n’est pas assez bon pour compétitionner au même niveau que les meilleures formations de la Ligue nationale. On n’a pas à plonger dans le passé, on n’a pas à dépoussiérer de vieux dossiers pour expliquer cette situation, c’est inutile.

Ça ne changera rien.

L’important, c’est l’avenir

L’important, c’est aujourd’hui, c’est demain, c’est dans un mois, c’est l’an prochain, c’est dans deux ans. L’important, c’est de mettre sur la surface de jeu une équipe ayant de belles perspectives d’avenir.

Geoff Molson et Marc Bergevin pourraient imiter les Rangers et informer ceux qui paient les billets. Leur dire qu’au cours des prochaines années le modèle d’affaires, en précisant celui qui a été concocté par ceux qui ont fait chou blanc jusqu’ici, comporte plusieurs changements au niveau des effectifs et de la gestion quotidienne de l’équipe.

Si Marc Bergevin a toujours carte blanche, alors peut-on se demander si Geoff Molson exigera qu’il s’entoure d’un personnel plus qualifié ? Les résultats obtenus sous la direction de Bergevin n’ont rien de bien rassurant. Donc, le département hockey devrait subir des modifications significatives puisqu’un nouveau modèle d’affaires recommande habituellement une revision complète des orientations de l’organisation et surtout, surtout, des solutions pour résoudre les problèmes et aborder les prochaines années avec une nouvelle philosophie.

Ces actions sont toutes liées à la décision de larguer la présente saison et d’emprun­ter une nouvelle avenue. Si on croit toujours au « miracle » et qu’on a toujours l’espoir de participer aux séries, ce qui constitue, mathématiquement, une excuse pour expliquer un silence radio, la décision appartient uniquement à Geoff Molson.

C’est le chef de l’entreprise, c’est le propriétaire.

Un choix important

Les Rangers n’ont pas retardé leur décision sur la possibilité d’une autre participation au tournoi printanier. Non, ils ont voulu informer les amateurs qu’ils pourraient toujours prôner la philosophie que l’objectif est avant tout une participation aux séries éliminatoires, mais ce n’est plus le cas. Ils veulent bâtir une équipe qui aspirera à la coupe Stanley.

Ça peut prendre quelques années. Ça veut dire aussi que des joueurs populaires peuvent changer d’adresse. Mais, il y a un prix à payer.

Veut-on payer ce prix à Montréal ?

C’est un risque que devront peut-être courir les décideurs du Centre Bell.